Gérardmer 2014 - Kim Jee-woon : le fantastique l’a sauvé

Gérardmer 2014 - Kim Jee-woon : le fantastique l’a sauvé

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PORTRAIT - La 21e édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer rendait hommage ce week-end au cinéaste sud-coréen Kim Jee-woon. Metronews a rencontré l’auteur éclectique – et électrique - de "Deux Sœurs" , "A Bitterweet Life" et "J’ai rencontré le diable".

Un accident de la route peut ironiquement avoir du bon. Le cinéaste sud-coréen Kim Jee-woon, 49 ans, ne vous dira pas le contraire. "Il y a de nombreuses années, j’ai percuté une voiture, se souvient-il, depuis les salons du Festival de Gérardmer qui lui a rendu hommage cette année. "Ma copine venait de me quitter, c’était de ma faute". Quelques amis prennent alors en charge sa lourde amende. Pour rembourser sa dette, cet ancien comédien et scénariste, alors âgé de 33 printemps, décide de passer à la réalisation. Et de bouleverser ses propres certitudes.

Cinéaste de l’extrême

Qu’il explore une effrayante liaison sororale dans Deux sœurs ou dynamite le western avec son pétaradant Le bon, la brute et le cinglé, l’intéressé fait mouche au gré de ses choix. Libre, sauvage, jusqu’au-boutiste, le maestro s’amuse à varier les genres, passant de A Bittersweet Life, excellente plongée dans l’univers de la pègre, à J’ai rencontré le diable, le film de serial killer le plus sadique de ces dernières années. "Un plateau de tournage est le seul endroit au monde où je me sens vraiment vivant", confie ce fan inconditionnel d’Akira Kurosawa, de John Cassavetes et des frères Coen.

Ses premiers souvenirs de cinéma, il les doit à son père. "Il adorait me mettre des films et m’enseigner un tas des choses sur le sujet", se souvient-il. Paradoxalement, ce dernier n’a jamais voulu que le petit Kim se lance dans la bande dessinée, sa grande passion. "J’étais doué mais il déchirait mes dessins. Je recollais donc les morceaux quand il avait le dos tourné. C’est sûrement de là que je tiens ce goût du montage". Voilà qui explique sûrement le caractère très graphique de ses œuvres et le soin esthétique qui leur est porté.

Il va tourner un deuxième film en anglais

Après avoir mis en scène Le dernier rempart avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle titre, Kim Jee-woon prépare sa nouvelle incursion dans la langue anglaise. A un détail près. "Cette fois, comme en Corée, j’aurais les pleins pouvoirs et le director’s cut, se félicite-t-il. Il s’agira d’un film indépendant. Par ailleurs, j’aimerais bien réaliser un film de SF et un mélodrame". On attend tout ça avec impatience.

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