Gilles Lellouche : "Je n'ai peur de rien devant la caméra"

Gilles Lellouche : "Je n'ai peur de rien devant la caméra"

CINÉMA
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INTERVIEW - Et de deux ! Après "A bout portant", le comédien Gilles Lellouche retrouve le cinéaste Fred Cavayé dans "Mea Culpa". Il y incarne un flic qui aide un ex collègue (Vincent Lindon) à sauver son fils des griffes de la mafia.

Après vous avoir dirigé dans A bout portant, Fred Cavayé a réalisé un sketch des Infidèles. Vous êtes donc a priori restés en contact...
Oui, bien sûr. Je dois avouer que je n'aurais jamais embarqué dans ce projet sans lui aux commandes. C'est le seul à pouvoir faire ce type de film en France. Il a creusé son sillon avec Pour Elle, qu'il a radicalisé un peu plus sur A bout portant. Et là, pour son troisième film, il est totalement décomplexé. Avec Mea Culpa, on peut pour la première fois parler d'un vrai grand film d'action à la française, et je pèse mes mots. Fred est devenu extrêmement fort. C'est un travailleur hors normes. On était épuisés en sortant du film.

C'est un peu normal... Vous passez votre temps à courir. Mieux vaut être préparé...
Oh la vache, oui (rires). En même temps, je m'attendais à courir en lisant le scénario. Je savais que j'avais intérêt à être très en forme. Je me suis entraîné pour ça. Quand on fait un cent mètres au cinéma, on le fait en réalité 50 fois. Il y a eu par ailleurs beaucoup de scènes d'extérieur. Nous avons tourné en hiver, ce qui multiplie par deux la difficulté physique. Après, je ne me plains pas hein... Vincent et moi avions 10 ans et demi sur le plateau. C'est le film dont on rêve quand on est gamin, avec un caractère régressif réjouissant.

Etes-vous du genre à mouiller le maillot ?
Oui... Je ne vois pas quel est l'intérêt de jouer dans ce type de film si c'est pour me faire doubler toutes les secondes.

"Je n'ai peur de rien devant la caméra."

Cela fait donc de vous le Tom Cruise français...
Le Tom Cruise de Melun oui ! (rires). Se donner à fond fait partie du job. Vous savez, la caméra est un spectre qui nous donne beaucoup de courage. Quand je suis filmé, je fais des choses que je serai incapable de réaliser dans la vie. Je n'ai peur de rien devant la caméra. Elle décuple l'audace, le courage. Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de se bagarrer, de dévaler des pentes, de conduire des voitures de cette façon...

Comment appréhendez-vous ce type de rôle ? Est-ce une sorte de récréation pour vous ?
Non, ça reste un vrai rôle. Je suis totalement décomplexé à l'idée que ce soit un film d'action. Ce mot est d'ailleurs galvaudé en France. J'assume ce film comme je le ferai pour un drame ou une comédie. Je ne veux être prisonnier d'aucune chapelle. Le cœur de notre métier, c'est de prendre des risques.

C'est un genre cinématographique qui est souvent décrié et comparé systématiquement aux films américains. Cela vous dérange ?
Je m'en fous des a priori que les gens peuvent avoir. Quand j'ai fait Ne le dis à personne ou Mesrine, la qualité des films a parlé. (Réflexion) C'est le reflet de notre époque... On a tellement peur d'être jugé qu'on ne fait rien. Moi, je ne suis pas comme ça. Je n'ai pas de plan de carrière particulier. Je veux continuer à prendre des risques, quitte à me tromper ou à ne pas à être à la hauteur. Je préfère être critiquable que pantouflard.

"Je suis admiratif de sa carrière et de ses convictions."

Etes-vous client du genre ?
Oui ! Ado, j'adorais les trois premiers films de la saga Die Hard. Après, ils se sont égarés malheureusement . Le fugitif, j'ai trouvé ça extraordinaire. Je suis issu des années 80-90, j'étais un adolescent avec une culture assez pop. Ce que j'ai adoré dans notre jeunesse, c'est qu'on pouvait voir Die Hard comme Un monde sans pitié, Indochine comme ET. Il y avait moins de films par semaine. Notre curiosité s'en trouvait plus aiguisée. Aujourd'hui, on ne peut plus tout voir. Une actu en chasse une autre. On perd la rareté et le côté événementiel.

Un mot sur Vincent Lindon, votre partenaire à l'écran  ?
Il y a eu une superbe alchimie. Sur le plateau, on s'est très vite rendus compte que ça marchait bien entre nous et qu'on allait passer du bon temps. Dès la première prise, on s'est regardés et on a su que tout irait super bien. Je suis admiratif de sa carrière et de ses convictions. Il a des idées et il s'y tient. Il y a de moins en moins de gens qui s'autorisent à dire ce qu'ils pensent.

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