"Grimsby - Agent trop spécial" : l’espion qu’on n’aimait pas du tout !

CINÉMA

COUP DE GUEULE – Après "Borat", "Bruno" ou encore "Le Dictateur", Sacha Baron Cohen parodie le film d’espionnage dans "Grimsby - Agent trop spécial". Mais, cette fois, la coupe est pleine. Explications.

Médiocrement vôtre. Voilà comment aurait du être baptisée la nouvelle comédie "débridée" de Sacha Baron Cohen qui, surfant sempiternellement sur les mêmes délires obscènes, a fini de nous faire rire. L’histoire, totalement accessoire, est celle du loser Nobby, chômeur anglais, ventripotent, beauf et alcoolo, qui, après des années sans nouvelles, retrouve son frère devenu espion. Bien que très différents, les deux frangins seront contraints de faire équipe pour sauver le monde.

Et Sacha Baron Cohen d’exploiter ce tandem pour laisser libre cours à ses marottes scatos, sexuelles et homophobes. Tous les prétextes sont bons pour aller toujours plus loin, pour provoquer, choquer... au risque d’oublier de nous faire marrer. Si l’on riait (certes jaune) aux ignominies de Borat ou du Dictateur, la surenchère et le sentiment de déjà-vu sont tels que l’agacement l’emporte.

Des gags recyclés

Dans l’une des premières séquences du film, une goutte de sang d’un enfant atteint du VIH est aspergée dans la bouche blessée d’un Daniel Radcliffe ainsi contaminé. Faute d’idée, la blague sera répétée à la fin du long-métrage. Dans une autre scène, Nobby se voit contraint d’aspirer du poison injecté dans les parties intimes enflées de son frère. Lourd et très embarrassant pour Mark Strong.

Mais l’apothéose est atteinte lors d’une scène interminable, filmée de l’intérieur, dans laquelle nos deux héros, planqués dans l’utérus d’une éléphante, se prennent des coups de pénis d’un mâle en rut, jusqu’à éjaculation. L’acteur-humoriste étire son gag à l’envi et exaspère... Tout est si prévisible que l’humour corrosif du Britannique ne semble plus être qu’une accroche marketing.

Seules surnagent la B.O. ("Parklife" de Blur, "I get Knocked down" de Chumbawamba...) et la mise en scène musclée du frenchy Louis Letterier (Insaisissables, Le transporteur...). Mais rien qui ne saurait égaler Kingsman, autre parodie récente du film d’espion, autrement plus efficace et maligne.

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