Gustave Kervern : "Deneuve est une vraie impertinente"

Gustave Kervern : "Deneuve est une vraie impertinente"

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INTERVIEW - Le coréalisateur de "Louise Michel", "Mammuth" et "Le Grand soir" lâche sa casquette de cinéaste pour tenir le premier rôle de "Dans La cour" de Pierre Salvadori. Il évoque pour Metronews cette expérience inédite, aux côtés de Catherine Deneuve, et ses projets avec son complice Benoît Delépine.

Le public vous connaît surtout membre actif de Groland et réalisateur. Ce premier rôle, c’est un heureux accident ?
C’est plutôt tombé à pic. Je venais de prendre un agent car je voulais faire un peu plus l’acteur. Mais, comme on me propose en général des petites choses, je ne m’attendais pas à ce premier rôle. Pierre Salvadori a pris des risques : je n’étais pas le premier choix de la production car je ne suis pas bankable et je n’avais même pas fait les meilleurs essais. Mais il m’a dit avoir trouvé en moi la sensibilité qu’il cherchait.

On retrouve en effet dans ce film un ton proche de votre cinéma, sans le côté rock ‘n’roll peut-être.
Quand Pierre m’a appelé, j’étais ravi qu’il s’agisse d’un film plus noir que ses comédies à l’américaine comme Hors de prix ou De vrais mensonges. Je les aime mais elles me correspondent moins. Il voulait revenir à un cinéma plus personnel, plus proche des Apprentis, avec ce mélange de gravité, d’humour et de tendresse que l’on revendique aussi dans nos films avec Benoit.

Quel était votre état d’esprit sur le tournage ?
J’avais peur de n’avoir ni le talent, ni la mémoire ni la technique. Mais Pierre m’a rassuré et Catherine m’a mis à l’aise : elle est naturelle, simple, attentive. J’ai eu avec elle la même sensation qu’avec Depardieu sur Mammuth.

"Avec Benoît Delepine on écrit une comédie pour Jean Dujardin"

Vous aimeriez la diriger ?
Bien sûr : on y pense depuis longtemps avec Benoît. Elle est capable de tout. C’est une vraie impertinente.

Vous verra-t-on bientôt dans d’autres films ?
Je ferai un petit rôle dans Fleur de Tonnerre, une adaptation de Jean Teulé que j’ai coécrite avec ma femme Stéphanie Pillonca qui réalisera. Mais je ne vendrai pas mon âme au diable pour une tête d’affiche. Pour l’instant, mon travail d’auteur-réalisateur me plait davantage et, si je ne devais faire qu’un premier rôle dans ma carrière et que c’était Dans la cour, je m’estimerais chanceux.

Et quid d’une prochaine réalisation ?
Avec Benoît, on écrit une comédie qui devrait se faire avec Jean Dujardin et qui comporterait quelques numéros musicaux. C’est un projet très différent, mais toujours avec un fond social. On a aussi réalisé NDE (Near death experience), un film sur l’expérience de mort imminente tourné en dix jours, avec une équipe de 7 personnes et un acteur non pro. Un truc fait à l’arrache !

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