Harcèlement : l'actrice Elisa Tovati revient sur "ces castings où l'on vous demande de vous foutre à poil"

SCANDALE - À la lumière des révélations entourant la personnalité et les agissements de Harvey Weinstein, de nombreuses actrices, aux États-Unis comme en France, prennent la parole pour dénoncer les comportements abusifs dont elles ont été victimes durant leur carrière. Elisa Tovati revient notamment sur ses débuts dans le milieu.

À 41 ans, Elisa Tovati a toute sa place dans le monde du showbusiness. Après avoir incarné l'inoubliable Chochana Boutboul dans La Vérité si je mens 2, en 2001, l'actrice s'est petit à petit tourné vers la chanson. Mais cela ne l'a pas empêché de garder en mémoire tout ce qu'elle a vécu en tant que comédienne, les bons comme les mauvais moments. Et ces derniers temps, ce sont ceux-là qui lui reviennent davantage en mémoire, alors que de plus en plus de langues se délient sur les dérives de l'industrie du cinéma. 


L'affaire Harvey Weinstein a permis de libérer une certaine parole, occasionnant même la création d'un hashtag #BalanceTonPorc sur Twitter afin d'encourager les femmes à dénoncer les cas de harcèlement et d'agressions sexuelles dont elles ont pu être victimes dans leur milieu professionnel. Des situations qu'Elisa Tovati ne connaît que trop bien, comme elle l'a raconté ce lundi à La Parisienne. "Moi aussi, j'ai vécu des choses très limite, et je n'avais pas le courage de parler de ce droit de cuissage, de cette pression", confie-t-elle ainsi.

L'actrice se dit "solidaire de toutes ces femmes qui prennent la parole" et "heureuse" que l'on puisse parler d'un problème de société. Si elle avoue qu'elle ne pensait "pas qu'il y avait autant de monde concerné dans [le milieu du cinéma]", elle a gardé en mémoire certains cas de harcèlement. Les premières fois, se souvient-elle, c'était quand elle a "commencé les castings, entre 15 et 18 ans, trois ou quatre fois". Elisa Tovati affirme d'ailleurs que "c'est arrivé à presque toutes les jeunes actrices, qui sont les proies de gros porcs". Et de donner des exemples plus précis : "Ce sont des castings où l'on vous demande de vous foutre à poil sous prétexte que c'est pour le rôle d'une fille un peu sulfureuse", dit-elle. Sa stratégie à l'époque face à ce genre de situation était donc de répondre au réalisateur : "Sur le tournage, si le rôle le justifie, on verra. Mais là, dans une salle blanche, devant vous et une petite caméra, ça ne va pas être possible". 

Je revenais parfois en pleurs chez moiElisa Tovati

L'actrice et chanteuse se souvient d'avoir été "tétanisée" à plus d'une reprise. "Dans ces cas-là, vous ne savez pas à quel moment ça va déraper", raconte-t-elle. À tel point qu'elle est partie "en courant" plus d'une fois. Et Elisa Tovati se souvient même d'un tournage de télévision, en compagnie d'un "comédien très connu [...] qui a bloqué la porte de [sa] loge" pour lui faire une proposition inappropriée. "Il était âgé, j'étais jeune. J'ai été très choquée. Vous arrivez à vous en sortir avec une pirouette, un sourire, un coup de coude pour ouvrir la porte. Mais vous êtes en panique".


La comédienne raconte également que ces situations l'ont poussée à aller consulter un psychologue à plusieurs reprises. Elle s'est également confiée à ses parents à l'époque. "Je revenais parfois en pleurs chez moi parce que j'avais encore huit ou dix jours de tournage avec lui", confie-t-elle. Pour surmonter tout cela, elle dit s'être coupée de "ses émotions pour pouvoir faire le vide et continuer", à tel point qu'aujourd'hui, elle serait même incapable de se remémorer en détails certains événements tant "je les ai enfouis", dit-elle. Sa mère lui avait même conseillé d'arrêter le métier d'actrice devant des situations qui la rendaient malheureuse.

En vidéo

Affaire Weinstein : les témoignages des victimes présumées du producteur américain

Revenant sur l'affaire Harvey Weinstein, Elisa Tovati dit ne l'avoir jamais rencontré, mais ne pas comprendre la réaction de certains. "Quand j'entends des gens dire que les actrices n'avaient qu'à pas monter dans sa chambre, ça me hérisse ! Si vous ne le faites pas, faut changer de métier ! Les rendez-vous se passent quasiment toujours dans des hôtels", s'indigne-t-elle. Et de raconter avoir eu affaire à des réalisateurs "en caleçon ou au lit" quand elle se déplaçait. "Un mec qui vous touche les seins ou les fesses, il faut avoir le cran de lui en coller une quand vous êtes toute jeune".

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Hollywood : le scandale Harvey Weinstein

Plus d'articles

Sur le même sujet