"Her" : une histoire d'amour qui laisse sans voix

"Her" : une histoire d'amour qui laisse sans voix

CINÉMA
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RENCONTRE - Pour son quatrième film en tant que réalisateur, Spike Jonze a écrit une histoire d'amour touchante et originale. "Her", en salles ce mercredi, évoque le sort d'un homme esseulé s'énamourant d'une intelligence artificielle.

Spike Jonze peut sortir de sa bulle et savourer son succès. Début mars, l'américain solitaire soulevait, toutes dents dehors, l'Oscar du meilleur scénario pour Her, sa quatrième réalisation. "Mon film est basé sur une idée simple que j'ai néanmoins explorée à fond, explique le cinéaste. Je voulais raconter l'histoire de personnes qui essayent de se connecter". Son héros, incarné par Joaquin Phoenix, fait l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne suite à une rupture douloureuse. Et se console avec Samantha, une intelligence artificielle, portée par la voix suave de Scarlett Johansson , dont il tombe progressivement amoureux.

"Je suis chanceux, avoue Jonze. Joaquin Phoenix a été fasciné par le récit et a accepté d'associer son talent à ce projet. Quant à Scarlett, qui n'apparaît jamais à l'écran, il n'y avait qu'elle pour faire ce boulot". Comédie romantique, drame ou science-fiction ? Difficile de classer cette œuvre que son créateur a voulu la plus singulière possible. "Je ne pense pas à un genre précis quand je fais des films puisque cela obéit à des codes, soutient-il. Je veux que les règles soient créées par les personnages. Je me donne la liberté d'emmener mon imagination et mes émotions hors des limites du mainstream".

Un cinéaste atypique

En apparence, le résultat a tendance à épingler l'abus de technologie, qui crée souvent une forme de solitude. L'intéressé tempère néanmoins les interprétations hâtives, arguant que les choses ne sont pas noires ou blanches. "Les nouveaux outils de communication nous rapprochent autant qu'ils nous isolent. C'est à nous de les utiliser à bon escient, sans nous déshumaniser, conseille-t-il. Mais je trouve que le monde se rétrécit de manière super cool. On peut rencontrer des gens du monde entier et bâtir des histoires d'amour qui tiennent dans la vraie vie".

De là à tomber en pâmoison devant une voix, comme Joaquin Phoenix dans le film ? "Samantha n'a pas d'apparence physique à proprement dit mais elle existe quand même, non ? Après tout, l'essentiel dans la vie, c'est de se sentir proche de quelqu'un". Après Dans la peau de John Malkovich, Adaptation et Max et les Maximonstres, Spike Jonze confirme avec Her son statut de petit génie. Un artiste à part dont la voix, bien réelle, est assurée d'avoir un écho pérenne dans le paysage cinématographique américain... et mondial.

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