"Instinct de survie": Blake Lively, proie d'un requin dans le super nanar de l’été

CINÉMA

SURVIVOR - C’est tellement bête que cela en devient jouissif : dans "Instinct de survie" de Jaume Collet-Serra ("Sans identité", "Non Stop"), Blake Lively sort l’artillerie lourde pour ne pas servir de "quatre heures" à un squale en pétard. Attention, potentiel plaisir coupable !

Les dents de la mer, sorti en 1975, ont plus de 40 ans mais n’ont pas pris une ride. Aucun film de requins sorti depuis ne lui arrive d'ailleurs à la cheville. Instinct de survie avec Blake Lively en surfeuse sexy et chassée ne changera pas la donne. Pire : il est carrément ridicule... au point d’en être presque jouissif. Explications.

Les abîmes du scénario
Nancy est traumatisée par la disparition de sa maman, morte d’un cancer. Résultat : elle abandonne ses études de médecine et part surfer sur la plage que sa mère affectionnait tant. Pas de bol : un squale géant squatte le spot. La jeune Américaine devient alors sa proie, trouve refuge sur un mini rocher et enclenche le mode warrior pour sauver sa peau. Et Blake Lively de passer le film en solo sans personne avec qui papoter ! Et c’est tant mieux : les quelques dialogues avec des surfeurs locaux, ses conversations en Facetime avec papa avant qu’elle ne se jette à l’eau ou l’enregistrement de sa vidéo testament (au cas où elle se ferait croquer) sont affligeants de mièvrerie !

Une naïade sexy
Bikini échancré sous combi ultra moulante, plans serrés sur la cambrure de Blake et ses formes dignes du numéro maillot de bain de "Sports illustrated", séquence de tartinage de crème solaire, petite foulée sur la plage inspirée d'Alerte à Malibu : Jaume Collet-Serra rentabilise largement la plastique de son actrice qui, même échouée sur son rocher, la jambe en sang, ressemble plus à une sirène qu’à une proie sanguinolente à la chair pendouillante.

Des morceaux de (presque) bravoure
Personne ne le savait mais Blake Lively est la résurrection de Rambo. Pour preuves : elle se recoud une morsure à la cuisse avec son collier et ses boucles d’oreille "crochets" (coup de bol qu’elles ne soient pas en forme de cœur et qu’elle ait fait médecine), elle avale du crabe cru (ce serait ballot de mourir de faim au bout de 3h), elle copine avec une mouette, et elle prend même des risques inutiles pour vous divertir. Car, plus que de forcer le respect, toutes ces séquences provoquent surtout l'hilarité. Pour le quota "flippe", minimum syndical assuré avec ombre qui rôde et gros plan sur une mâchoire agressive.

Des effets numériques qui prennent l’eau
Si, au moins, le prédateur et les séquences de surf étaient une réussite. Mais on est loin du compte : dans ces dernières, le visage de l’actrice a été numériquement plaqué sur le corps d’une vraie sportive et ça se voit. Beaucoup. Fous rires à nouveau garantis. Idem lors de l’affrontement final avec le monstre marin : la scène est si moche et malhabile qu’elle pique les yeux ! Bien qu’il loupe le coche côté frissons, Instinct de survie devient ainsi malgré lui la meilleure comédie de l’été.

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