"Iris", notre avis : un thriller sexy qui brouille les pistes avec brio

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ON AIME - Vrai-faux remake d’un thriller japonais, "Iris" voit Jalil Lespert se frotter au film de genre avec conviction. Un ménage à trois où l’acteur-réalisateur donne la réplique à un Romain Duris à contre-emploi et une Charlotte Le Bon inédite en obscur objet du désir. Séduisant.

Si le thriller à la française cartonne plus que jamais en librairies, de Frank Thilliez à Pierre Lemaître en passant par Michel Bucci et Bernard Minier, le genre a plus de mal à exister dans les salles obscures. Si le récent Irréprochable avec Marina Foïs nous avait séduit, à défaut d’attirer le grand public, Iris débarque ce mercredi dans les salles avec l’ambition de réconcilier les spectateurs français avec ces diaboliques intrigues à tiroirs dont le cinéma américain est passé maître. C’est pourtant du côté du Japon que le nouveau film de Jalil Lespert tire son inspiration. 


Cette libre adaptation de Chaos, un inédit de Hideo Nakata, l’auteur de Ring, s’ouvre sur un déjeuner en ville entre Antoine Doriot, un riche banquier et Iris, sa séduisante épouse. Il lui dit des amours, elle acquiesce du regard. Lorsqu’il va régler la note, elle disparaît… pour rejoindre Max, un mécanicien endetté jusqu’au cou auquel elle va proposer un étrange marché. On s’arrête là histoire de ne pas vous spoiler davantage. Sachez juste que si vous avez vu la bande-annonce, elle brouille habilement les pistes. Car au tiers du film, un rebondissement vient rebattre les cartes de manière totalement inattendue.

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Interview de Jalil Lespert

C’est d’abord ce puzzle aussi complexe que savoureux qui séduit. Comme le taiseux Max, interprété par un Romain Duris à contre-emploi, on fronce les sourcils, on se creuse la tête, on échafaude toutes les hypothèses. En littérature, comme au cinéma, tout bon thriller a le chic pour offrir une métaphore, sinon un commentaire du monde contemporain. C’est le deuxième niveau de lecture d’Iris. Une sorte de lutte des classes perverse où les gagnants et les perdants ne sont pas désignés à l’avance. Mais aussi une réflexion, un brin morale, sur le fantasme et ses dangers. 


Après son Yves Saint-Laurent, couronné par un César pour Pierre Niney, Jalil Lespert réalisateur s’offre ici l’un des rôles principaux, pour la première fois de sa jeune et prometteuse carrière derrière la caméra. S’il n’a pas la dextérité visuelle d’un David Fincher, sa direction d’acteurs sur le fil du rasoir permet à Iris de flirter entre divertissement et drame psychologique sans jamais sacrifier l’un à l’autre. Il sublime enfin une Charlotte Le Bon, inédite et très convaincante en obscur objet du désir, tout à tour inaccessible, fragile, fantasmatique et (presque) ordinaire.

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Charlotte Le Bon prend des cours d'éducation sexuelle

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