Isabelle Huppert récompensée aux Golden Globes : 10 films qui rappellent à quel point elle est une grande actrice

CINÉMA
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TOP DU TOP - De "Phèdre" au théâtre cette année à son rôle dérangeant dans "Elle", qui lui a valu dimanche un Golden Globe, Isabelle Huppert est une actrice audacieuse à la carrière impressionnante, marquée par plus de cent films en France et à l'international. Voici quelques films ayant marqué l'inconscient cinéphile des français.

En France, elle a tourné avec certains des plus grands metteurs en scène, dont Claude Chabrol et Maurice Pialat. A l'étranger, elle a été dirigée notamment par l'Autrichien Michael Haneke, les Américains Michael Cimino ou Otto Preminger, les Italiens Marco Bellocchio ou Marco Ferreri, le Polonais Andrzej Wajda, le Coréen Hong Sang-soo ou le Philippin Brillante Mendoza.


C'est dans La Dentellière de Claude Goretta en 1976 qu'elle trouve enfin un rôle de premier ordre, dépeignant avec subtilité la mélancolie profonde de son personnage.

Arrive la grande rencontre de sa vie de comédienne, avec Claude Chabrol en 1978, pour un rôle exceptionnel, qui lui valut les louanges cannoises, Violette Nozière. Huppert dépeint avec précision et justesse cette femme qui sombre peu à peu dans la folie, jusqu'à tuer ses parents, pour s'émanciper de leur influence. La tâche est ardue, l'actrice s'en acquitte avec une maîtrise et un sens de l'équilibre étourdissants. Chabrol a trouvé en elle une interprète majeure. Il existe entre eux l'alchimie rare, elle est son égérie, comprenant d'instinct son univers. 

Dans Loulou de Maurice Pialat, elle y renouvelle le cliché de la femme mariée qui s'ennuieen ménage. Elle trouve dans les bras d'un loubard, Gérard Depardieu, des frissons que son pauvre époux n'a jamais su éveiller. Elle a ce côté sulfureux, que l'on retrouve par exemple dans Coup de Torchon de Bertrand Tavernier en 1981 où elle est une amante sans beaucoup de morale ou de scrupules. 

Dans La Porte du paradis, de Michael Cimino, elle incarne une putain aimée de Kris Kristoferson dans une fresque immense et classique. 

Isabelle Huppert retrouve Chabrol en 1988 pour Une affaire de femmes, évoquant le douloureux destin d'une femme exécutée en France sous l'occupation. Elle y devient avorteuse, par nécessité, pour subvenir aux besoins des siens. De nouveau Chabrol la charge d'une partition extrêmement dense. Elle porte véritablement le film, par sa sobriété. Elle épouse surtout la neutralité avec laquelle le réalisateur présente le personnage, sans la juger. 

Dans Madame Bovary, Isabelle Huppert traduit l'insatisfaction de cette femme, qui rêvait d'une vie romanesque, pleine de fièvre et de souffle. Elle se trouve piégée dans une vie terne, routinière auprès d'un petit médecin de Province, se laissant emporter dans des passions malheureuses, et détruire par l'ennui et la désillusion.

Dans La Cérémonie en 1995, un nouveau rôle trouble. Elle joue la postière, une influence extrêmement néfaste pour sa partenaire Sandrine Bonnaire. Huppert va pousser son amie à se rebeller contre les bourgeois qui l'emploient, jusqu'au crime. 

Evidemment, il y a l'insondable démence, cet amour dérangeant que filmait Michael Haneke dans La Pianiste. Huppert, ici professeur de piano, répondait par une indifférence glacée et cruelle à l'amour du jeune Benoit Magimel, n'étant excitée que par la douleur. La folie était troublante, suggérée en permanence, distillait son malaise dans la voix cassante de l'actrice, son regard froid et sa perversion cachée, malsaine, entraînant son amant dans son enfer intime. 

Huppert alterne sans cesse les univers: elle se livre à une prestation parodique et brillante en tante psychorigide, vieille fille aigrie qui peu à peu révèle sa vraie nature dans 8 femmes de François Ozon. Son expérience d'auteurs différents, de registres éloignés, la sert de rôle en rôle, notamment pour raconter une relation fraternelle et complexe avec Catherine Frot dans Les Soeurs fâchées.

Combien d’actrices en France peuvent se permettre, et assumer en regardant tout le monde droit dans les yeux, cette prise totale de risque? Une seule, la meilleure: Isabelle Huppert qui, des années après nous avoir ébloui dans La Pianiste de Michael Haneke, s’impose une fois encore au-delà de tous les maigres superlatifs dans Elle, sous l'égide de Paul Verhoeven. Il faut le voir pour le croire. 

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