"It Follows" : le film d'horreur qui aurait pu être sponsorisé par une marque de préservatif

"It Follows" : le film d'horreur qui aurait pu être sponsorisé par une marque de préservatif
CINÉMA

CRITIQUE – Depuis le dernier Festival de Cannes, jusqu'au Festival de Gérardmer, où il a été primé le week-end dernier, "It Follows" jouit d’un buzz croissant... et mérité ! Cette pépite horrifique de l’américain Robert David Mitchell, dans laquelle le mal se transmet par rapports sexuels, fera clairement date.

"It Follows aurait pu être sponsorisé par une marque de préservatif, non ?". En guise de réponse, le réalisateur américain David Robert Mitchell, auteur du remarqué The Myth of the American Sleepover, offre un grand éclat de rire. Avant d’ajouter, le souffle retrouvé : "Vous n’avez pas tort ! ». Et pour cause, son second long métrage met des adolescents lambda aux prises avec une redoutable MST, qui se propage à la vitesse d’un ragot sur les réseaux sociaux. Jay, son héroïne, succombe elle aussi à ce fléau, se voyant acculer par des hallucinations terrorisantes.

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"Ce projet est né d’un rêve récurrent que je faisais plus jeune, confie Mitchell. Une créature me suivait de manière insistante en changeant de morphologie. C’était tellement angoissant. Je pouvais la distancer mais l’idée de la savoir toujours présente me rendait dingue." Pour retranscrire au mieux lesdites visions, l’intéressé a opéré à l’écran un décalage bienvenu avec le réel, orientant son œuvre vers des contrées cauchemardesques et fantasmagoriques.

Les ombres de Polanksi et Cronenberg

"L’ambiance est primordiale, prévient Mitchell. Raison pour laquelle j’ai soigné le cadre, la musique, le montage, le son… Je voulais que tout soit extrêmement précis." Puisant sa substantifique moelle dans les œuvres de Polanski, Cronenberg ou Hitchcock, dont il lisait les entretiens avec ardeur, sa mise en scène ne se contente pourtant jamais d’être un succédané des maîtres précités. Sur une trame simple, le réalisateur parvient en effet à digérer ces influences pour les réinventer à coups de plans d’une beauté confondante.

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Barrant la route aux jump-scares avariés, ce grand cinéaste en devenir excelle dans la profondeur de champ et le hors champ, dispositifs imparables qui induisent une peur blanche constante. Comme chez Michael Haneke, ce qu’on ne voit pas effraie bien plus que ce qui apparait. "Vous savez, mon but est simple : divertir et effrayer, conclut Mitchell. Au-delà, l’interprétation du récit varie selon les sensibilités de chacun. Je déteste trop en dire car je ne veux pas biaiser le ressenti du public. Au final, je n’arrive même pas à définir mon film." Nous, on y arrive : c’est un film culte instantané. Un chef-d’œuvre, aussi.

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