James Cameron : "Beaucoup de gens ont vu le Titanic mais peu sont descendus aussi bas que moi"

CINÉMA
EVENEMENT – A l’occasion de la sortie du documentaire "Deepsea Challenge 3D", en salles le 17 septembre, James Cameron a raconté à Metronews sa passion pour la mer et la plongée. Et glissé quelques mots sur les suites d’Avatar.

Devant le documentaire qui vous est consacré, on ne sait plus si vous êtes explorateur ou réalisateur. Où vous situez-vous ?
Ne me demandez pas de choisir, s’il vous plait ! (rires) J’aime ces deux activités et j’espère continuer à les faire. Mais à ce jour, je travaille sur les suites d’Avatar. Cela veut dire que je serai réalisateur durant les années à venir. Et après, je retournerai plonger.

D’où vous vient cette passion dévorante pour la mer et la plongée ?
Ça a commencé quand j’étais adolescent. Je lisais beaucoup National Geographic et je regardais les interventions de Jacques Cousteau à la télévision. J’aimais par ailleurs les romans de science fiction, l’idée d’explorer de nouvelles planètes. A un moment bien précis, j’ai réalisé que je pouvais lier ces éléments parce qu’il y avait un monde d’aliens dans notre planète, juste là. Un univers que je pouvais vraiment visiter : la mer. Il fallait pour cela commencer par apprendre à plonger avec un scaphandre. A l’âge de 16 ans, je m’y suis essayé au large d’une petite ville du Canada. Deux ans après, je me retrouvai dans l’Océan.

Outre la découverte de nouvelles espèces et le goût du défi, on sent que visiter les profondeurs océaniques est un moyen d’aller à la recherche de vous-même…
Vous avez parfaitement raison. La plongée crée une relation très personnelle entre vous, l’océan et toute la vie qu’il abrite. Mais aussi entre vous et vous-même dans la mesure où on prend un risque à chaque fois qu’on va sous l’eau. Il y a ce désir d’aller dans un autre monde. Je considère cela comme une quête spirituelle, un voyage dans son propre subconscient.

"Avatar 2 est né de mon amour pour l'océan"

Pour autant, cela vaut-il la peine d’y perdre votre vie ?

Absolument ! C’est un risque intrinsèque à l’exploration. Il est utile contrairement à d’autres activités dangereuses où on peut perdre sa vie pour rien.

Quel a été votre voyage le plus impressionnant : voir le Titanic, le Bismark ou vous retrouver dans la fosse des Mariannes ?
En termes d’impact psychologique et spirituel, je dirais la fosse des Mariannes. Probablement parce que c’est un des endroits les plus profonds du monde. Pour moi, c’est un peu comme aller sur la lune et se retrouver isolé du reste de l’humanité. Beaucoup de gens ont vu le Titanic mais peu sont descendus aussi bas que moi. Personne n’a vu ce que j’ai vu. En arrivant à 10 944 mètres de profondeur, je me suis vraiment senti comme un explorateur.

Revenons tout de même sur Avatar. Avez-vous de nouvelles informations à nous donner ?
Tout ce que je pouvais dire, je l’ai dit publiquement. C’est primordial que les gens découvrent les choses par eux-mêmes au moment voulu. La saga Avatar offre au spectateur l’occasion d’explorer un monde de rêve. Du coup, plus on en dit, moins c’est bien. Il y aura un monde sous l’eau, de nouveaux endroits, d’autres univers dans la communauté interstellaire…

Vous inspirez-vous de vos plongées ?
Pas du tout, c’est tout l’inverse. Des films comme Abyss ou prochainement Avatar 2 naissent de mon amour pour l’océan. Vous savez, je n’explore pas pour être un meilleur metteur en scène hollywoodien. Je suis devenue metteur en scène hollywoodien pour faire de l’exploration.

Quel est votre prochain challenge ?
Terminer les trois volets d’Avatar avec la même passion que le premier. Un investissement qui m’a presque tué (rires). Alors je crois qu’avec trois films, le challenge est suffisant.
 

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