Jean Dujardin : "Sur La French, j'ai lâché les lions"

Jean Dujardin : "Sur La French, j'ai lâché les lions"

CINÉMA
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INTERVIEW – Ce mercredi, dans l’excellent "La French", Jean Dujardin s’est glissé avec brio sous les traits du juge Michel devant la caméra de Cédric Jimenez. L’occasion pour l’intéressé de donner la réplique à son ami Gilles Lellouche, qui campe pour sa part une figure forte de la French Connection dans le Marseille des années 1970.

Connaissiez-vous bien l’histoire du Juge Michel avant le tournage ?
Non, ça serait mentir que de vous dire le contraire. J’avais dix ans à l’époque de la French Connection. J’en avais entendu parler mais ce n’était pas mes préoccupations de l’époque. Il a donc fallu que je fasse un vrai travail de rattrapage. Avec Cédric Jimenez, le réalisateur et Audrey Diwann sa co-scénariste, on a rencontré des magistrats, des avocats et des flics à Marseille qui ont côtoyé le juge Michel. On a également rencontré la famille de Gaëtan Zampa, le bandit qu’il a traqué sans relâche. J’ai également lu le bouquin d’Alain Laville sur le sujet. Je me suis nourri de plein de choses pour entrer dans le rôle.  

Aucune facette de votre personnage n’est oubliée, y compris la vie privée… C’était important pour vous ?
Oui, je voulais, au-delà de son bras-de-fer avec Zampa, voir Michel sourire et heureux en famille. Ne rester qu’en surface aurait transformé ce type de personnage en archétype. C’était très jouissif de l’incarner, vraiment. Jusqu’à aujourd’hui, c'est une personnalité emblématique à Marseille. Il n’y en a pas tous les jours des mecs comme ça qui, malgré un contrat sur la tronche, continuent de creuser et d’aller jusqu’au bout pour être raccord avec l’idée qu’ils se font de la justice.

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Vous dites que Cédric Jimenez a volé des choses de vous sur ce film. Quoi exactement ?
Il a réussi à faire en sorte que je lui donne de mon intimité. Et ça, je ne le fais pas avec tout le monde. C'était le cas avec Nicole Garcia dans Un balcon sur la mer parce que j’ai cru à la façon dont elle m’a regardé. Sur La French, j’ai lâché les lions. Cédric pouvait me refaire jouer 18 fois la scène du téléphone, je l’aurais faite 18 fois en chialant. Parce que j’avais envie de ça. Parce que j’avais envie de me faire mal.
 
Il faut le faire plus souvent alors…

Je suis d’accord, encore faut-il trouver les bons films pour ça. Faire ce genre de scène dans un film moyen ou ridicule, c’est dur (rires).

"La grosse tête, j’aurais pu l’avoir longtemps avant l'Oscar"

Appréhendiez-vous de retrouver Gilles Lellouche dans un film aussi sérieux ? Car vous renvoyez l’image d’une franche camaraderie…
Jamais ! Avec Gilou, on savait que ça irait. On peut déconner, faire des comédies. On n’est pas que des amuseurs. On espère de plus en plus être des acteurs. On a un regard bienveillant l’un sur l’autre. C’est agréable de partager ce film avec lui. Il me demandait souvent : "Ça va ? Je ne fais pas trop De Niro de Melun ?" (rires). Mais il est super !

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On sent que ce film est peut-être un tournant dans votre carrière. Avez-vous pris conscience de quelque chose ?

C’est vrai… Encore une fois, l’après Oscar a été excessif et fantasmé de la part des journalistes et de certaines personnes. La grosse tête, j’aurais pu l’avoir longtemps avant. Mais bon, le contraire fait vendre. Ça fait saga ! L’époque est un peu comme ça. C’est très cruel. Me faire insulter ou me faire passer pour un autre, ce n’est pas la rançon de la gloire. Je n’ai pas envie d’une carrière aux Etats-Unis, vous le savez. J’ai de temps en temps des projets là-bas et ça m’amuse.
 
Et Nespresso alors ?
Ça, c’est une farce formidable, une parenthèse. George, avec qui je m’entends bien, m’a appelé pour me proposer de passer trois jours avec lui au lac de Côme et se marrer. Pour moi, ce n’est même pas de la pub.

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