Jean-Paul Rouve : "Les Souvenirs, ce n'est pas ma psychanalyse !"

CINÉMA

INTERVIEW - Avec "Les Souvenirs", Jean-Paul Rouve réalise son troisième film, une chronique familiale douce-amère tirée du roman éponyme de David Foenkinos. L’acteur-réalisateur évoque pour metronews son travail avec le romancier, son casting et ses projets.

Pourquoi avoir choisi d’adapter Les Souvenirs de David Foenkinos ?
David m’a appelé parce qu’il avait aimé Quand je serai petit. Il voulait adapter Les Souvenirs et pensait qu’on était faits pour s’entendre. J’ai alors lu le bouquin et j’y ai trouvé beaucoup de points communs avec mon cinéma. On a la même façon de parler de choses graves avec des moyens détournés, des axes plus légers, de la pudeur aussi. Ensuite, un livre, c’est un terreau. Vous piochez, vous trahissez, vous interprétez. Avec David, nous avons d’ailleurs créé des personnages et supprimé le dernier tiers du livre.

Ce sont les thématiques familiales qui vous ont plu ?
J’adore la façon dont David parle de la vie : des relations familiales, du temps qui passe, des gens qui ne sont pas à leur place...

Pourquoi ? Vous ne vous sentez pas à la vôtre ?
Ce film n’est pas une psychanalyse ! Mais on vit dans une société où le regard de l’autre est tellement important qu’on ne se pose jamais la bonne question : "Est-ce que j’ai vraiment choisi ma vie ?" Et, plus concrètement, le film traite de problématiques auxquelles nous sommes tous confrontés : Que faire de ses vieux ? Comment se reconstruire après la retraite ? Comment trouver sa voie ? Etc.

"Annie Cordy, c’est la grand-mère qu’on aurait tous aimé avoir"

Comment avez-vous construit votre casting ?
Je voulais que le public se dise que ce père, ce petit-fils, cette mamie pourraient être leur voisin, leur oncle, leur mère… J’ai eu beaucoup de chance que Michel Blanc accepte le rôle : il ne fait qu’un film par an. Quant à Mathieu Spinosi, je cherchais un jeune acteur avec une forme de maturité car, dans le film, les rapports s’inversent entre le père et le fils. Or, Mathieu est violoniste depuis l’âge de 4 ans : grâce à la discipline que cela impose, il a grandi plus vite que les autres.

Et Annie Cordy, qui ne tourne plus depuis des années, comment avez-vous pensé à elle  ?
Je ne sais pas : ça a surpris tout le monde mais ça s’est juste imposé. J’étais sûr qu’elle serait formidable. C’est la grand-mère qu’on aurait tous aimé avoir.

Vous travaillez déjà sur votre prochain film ?
On va de nouveau écrire avec David, mais un scénario original cette fois, toujours sur la famille. Entre-temps, je jouerai le méchant vizir dans Aladin et, l’été prochain, je reprends mon rôle dans Les Tuche en Amérique.

Et un film avec les Robins des Bois, c’est envisageable ?
J’en doute, car il faudrait faire concorder les agendas de tous sur une longue période. Mais un one shot, plus court, j’adorerais : un spectacle ou une émission spéciale. Juste pour le plaisir.

Lire et commenter