Jennifer Lawrence : "Pourquoi devrais-je gagner moins que les gens qui ont le bonheur d'avoir un pénis ?"

CINÉMA
CASH – Elle n'a pas sa langue dans sa poche. Et elle prouve encore une fois : dans un essai publié sur le net, la superstar Jennifer Lawrence explique pourquoi elle a décidé de réclamer autant d'argent que ses collègues masculins, à travail égal. Et pourquoi toutes les femmes ne devraient pas avoir peur de le faire.

C'est la star féminine la mieux payée à Hollywood. Parce qu'elle est une excellente comédienne. Mais aussi et surtout parce qu'elle n'a plus peur de négocier ses cachets. L'an dernier, les e-mails de Sony Pictures, publiés par les hackers, révélaient que la jeune femme avait touché un pourcentage sur recettes inférieur à celui de ses partenaires masculins dans American Hustle, pour une présence moindre ou équivalente à l'écran. Depuis, elle n'a donc pas hésité à réclamer un cachet record de 20 millions de dollars au studio pour jouer dans le film de science-fiction Passengers. Soit 8 millions de plus que le héros masculin, Chris Pratt, qui partagera la vedette avec elle.

"Je ne voulais pas être perçue comme difficile ou gâtée"

Dans une lettre ouverte publiée sur Lenny, un site géré par sa collègue Lena Dunham , Jennifer Lawrence prend la plume pour défendre ses convictions. "Il n'est pas facile pour moi de parler de mon expérience du monde du travail car je n'ai pas tout à fait les mêmes problèmes que la plupart des gens", écrit-elle. "Mais lorsque les e-mails de Sony ont été dévoilés, et que j'ai découvert que je gagnais moins que les gens qui ont le bonheur d'avoir un pénis, je n'ai pas été en colère contre Sony, j'ai été en colère contre moi-même. Parce que j'avais été une piètre négociatrice. Je ne voulais pas me battre pour des millions de dollars dont je n'avais pas besoin", ajoute-t-elle en faisant référence au succès de la saga Hunger Games.

"Mais si je suis honnête avec moi-même, je dois avouer que si je n'ai pas lutté, c'est pour ne pas déranger", continue-t-elle. "Je ne voulais pas être perçue comme difficile, ou gâtée. Ça me semblait une bonne idée, jusqu'au moment où j'ai découvert les salaires sur Internet, et que j'ai réalisé que tous les hommes avec lesquels je travaillais n'en avaient rien à faire d'être perçus comme difficiles ou gâtés". Si bien que Jennifer Lawrence s'interroge. Les femmes "sont-elles conditionnées pour agir ainsi ? Nous n'avons le droit de vote que depuis combien, 90 ans ? (en 1920 aux Etats-Unis – ndlr). Aurions-nous l'habitude de nous exprimer d'une manière à ne pas offenser ou effrayer les hommes ?".

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