"Jersey Boys" : un Clint Eastwood à contretemps

CINÉMA
CRITIQUE - Déçu de ne pas avoir réussi à monter sa version d’"Une Etoile est née" avec Beyoncé, Clint Eastwood prend sa revanche sur la comédie musicale avec "Jersey Boys", adaptation d’un spectacle qui triomphe à Broadway depuis 2005. Alors Clint en musique, ça donne quoi ?

Un hommage aux standards
Jersey boys, c’est l’histoire de Frankie Valli et des Four Seasons, boys band des années 60 dont, sans le savoir, vous connaissez sans doute les chansons ("Big girls don’t cry", "Can’t take my eyes off you"...). Rencontre des membres du groupe dans le New Jersey, débuts difficiles, heures de gloire, problèmes avec la mafia et séparation, le réalisateur passe au crible la vie de ces quatre garçons en mettant l’accent sur le parcours de son leader, Frankie Valli. L’occasion, dit-il, de faire connaître une musique oubliée à la jeune génération.

Le chant avant le jeu
Si Clint Eastwood se défend d’avoir réalisé une comédie musicale, les séquences chantées (concerts, enregistrements en studio...) ont une place de choix dans ce biopic. Aussi, au lieu de recruter des stars, le réalisateur a embarqué avec lui trois des performers qui créèrent les rôles sur scène. Seul hic : s’ils ont tous un brin de voix adapté aux Four Seasons, ces acteurs, John Lloyd Young en tête (Frankie Valli), n’ont pas tous un don inné pour la comédie.

Un académisme planplan
Bien qu’il évite l’hagiographie, Clint Eastwood signe un biopic dans lequel on peine à distinguer sa patte. Sans être déshonorant, ce film musical trop lisse et un brin poussiéreux peine à nous emporter malgré le charme rétro de sa B.O. Une parenthèse sans prétention avant de revenir aux choses sérieuses avec American Sniper, l'histoire vraie d'un vétéran d'Irak incarné par Bradley Cooper.


 

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