John Carpenter : le réalisateur de "Halloween" et "The Thing" sur scène au Grand Rex à Paris

CINÉMA
ÉVÉNEMENT. Le Maître de l’Horreur présente ce mercredi le "John Carpenter Live" au Grand Rex. Pour le plus grand bonheur des fans de "Halloween, la nuit des masques" et "The Thing".

Halloween, La nuit des masques (1979), Fog (1980), Christine (1983), Invasion Los Angeles (1988)… Les films de John Carpenter ont fatalement marqué votre parcours de cinéphile, leurs BO aussi. Après avoir composé la musique de son coup d'essai (Dark Star, 1974), John Carpenter a réalisé quinze BO sur ses dix-huit longs métrages, souvent en des temps records: "J’ai composé Halloween et Assaut en trois jours" confesse-t-il. "Quand j’avais 13 ans, mon père m’a appris à jouer du bongo (percussions de Cuba). Il m’a appris 4, 5 temps pour créer un rythme en 5/4. Je n’ai fait que le reproduire au piano, des années plus tard. C’est devenu le thème de Halloween, la nuit des masques."


Adepte du synthé et des boucles hypnotiques, le réalisateur de Assaut (1976) reste célèbre pour ses bandes-son atmosphériques produisant un maximum d’effets avec un minimum de moyens: "Avec le synthétiseur, en utilisant différentes pistes sons, on peut créer une super musique, comme si  c’était tout un orchestre qui jouait. Quand vous êtes un réalisateur indépendant, engager un compositeur est trop cher. C’est une alternative bon marché. Ainsi, j’ai pu faire illusion avec les sons pour mettre de la musique dans mes films." 


Un impact si fort que ses compositions ont inspiré de nombreux artistes électro – pour les citer, Zombie Zombie, Carpenter Brut, Justice, Turzi, Air. Des génies comme Kavinsky et Thomas Bangalter se sont ouvertement inspirés de lui, respectivement pour les BOF de Drive (Nicolas Winding Refn, 2012) et Irréversible (Gaspar Noé, 2001).  

Surprise, Big John n’a pas composé la BO de son dernier long métrage (The Ward en 2012) dont il conserve un souvenir mitigé: "Exceptionnellement, je n’ai pas écrit le scénario, ni composé la bande-son. Trop de travail! D’ailleurs, j’ai appris que The Ward n’était jamais sorti dans les salles en France. C’est la preuve d’un changement chez le spectateur. Ce film-ci aurait trouvé sa place sur grand écran dans les années 80-90: il date d’une autre époque et se révèle bien plus cérébral que des franchises horrifiques actuels. Dans les années 70-80, le cinéma était sacré, les spectateurs différents et les producteurs, cinéphiles. C’est fini le temps des John Ford, Howard Hawks, Alfred Hitchcock. Et je ne veux plus jouer au petit malin." 

Beau bizarre

Au cinéma, sa dernière bande-son remonte donc à Ghosts of Mars (2001). Pour lui, ce n’est pas anodin: "Après Ghosts of Mars, je voulais tout arrêter. D’autant que j’essuyais un nouvel échec au box-office après Vampires. Vous savez, j’ai enchaîné les tournages pendant plus de quarante ans, j’ai eu envie de faire un break… Mon projet de science-fiction, The Stars My Destination, n’aboutissant pas, j’ai accepté deux sketchs pour la série des Masters of Horror. A la télé, tout va plus vite. J’ai réalisé Cigarette Burns, sans subir de pression."


Aux dernières nouvelles, John Carpenter sera le producteur exécutif du chapitre 10 de la franchise Halloween, qu'il annonce lui-même, à la manière d'un bateleur, comme étant "le plus terrifiant de tous les temps". Alors qu’il semble avoir déserté les plateaux de cinéma, il se consacre désormais pleinement à sa soif de musique, une discipline dans laquelle il sent très libre ("comme il ne s’agit pas d’image, c’est plus improvisé, plus instinctif"). Il a d’ores et déjà sorti deux disques horrifiques, atmosphériques, expérimentaux composés avec son fils Cody et Daniel Davies, le guitariste des Kinks: Lost Themes (2015) et Lost Themes II (2016). Et s’éclate tel un adolescent: "après avoir fait réalisé tous ces films d’horreur, peu de choses m’effraient", avoue-t-il. "Mais me produire sur scène, oui. Et ce qui est effrayant s’avère aussi très excitant". 


Un concert qui sera beau-bizarre avec 70% de compositions issues de ses films et 30% de titres de ses albums "Lost Themes" et "Lost Themes II", avec pour support des projections vidéo de ses longs métrages et de surprises. Vivement.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter