Johnny Depp : et si son public aussi avait décidé de divorcer ?

CINÉMA
DECRYPTAGE – A l’heure où sa vie privée fait la une des médias du monde entier, on oublierait presque que Johnny Depp sort un film, mercredi en France. "Alice de l’autre côté du miroir", suite du film de Tim Burton en 2010, a réalisé un démarrage médiocre le week-end dernier aux Etats-Unis. Un échec de plus pour une star qui a décidément perdu de sa superbe…

La carrière de Johnny Depp est-elle finie ? C’est la question que posait, ce week-end, le très sérieux magazine Forbes au surlendemain de la sortie de Alice de l’autre côté du miroir, accueilli plus que timidement par les spectateurs américains. Avec 34 millions de dollars de recettes, le film réalisé par James Bobin est loin, très loin des 80 millions amassés au même moment par le nouveau X-Men. Surtout il est à des années-lumière des 116 millions engrangés en 2010 par le premier épisode, mis en scène par son vieux copain Tim Burton.

Jusqu'à 55 millions de dollars pour un film

A l’époque, l’ex-compagnon de Vanessa Paradis figurait parmi les 10 comédiens les mieux payés à Hollywood. L’année suivante, il allait toucher le plus gros salaire de sa carrière, la bagatelle de 55 millions de dollars pour Pirates des Caraïbes 4. Si la fortune de Johnny Depp s’élèverait aujourd’hui, à 350 millions de dollars, son étoile au box-office s’est sérieusement ternie. Lone Ranger, Transcendance, Charlie Mortdecai, Strictly Criminal… Film après film, flop après le flop, il faut se rendre à l’évidence : Johnny Depp n’est plus "bankable". Mais le cherche-t-il vraiment ?

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Depuis ses débuts dans la série 21 Jump Street, qu’il ne manquait pas de critiquer ouvertement, l’enfant d’Owensboro, Kentucky, cultive une image d’éternel rebelle, préférant tourner avec des cinéastes dits "alternatifs" plutôt qu’avec les faiseurs de blockbusters : le Tim Burton des débuts, bien sûr, mais aussi Terry Gilliam (Las Vegas Parano), Emir Kusturica (Arizona Junior) ou encore Jim Jarmusch (Dead Man).

C’est seulement en acceptant en 2003 le rôle de Jack Sparrow, dans la superproduction Disney Pirates des Caraïbes, inspirée de la célèbre attraction, que Johnny Depp va réellement rimer avec grosses recettes. Il a 40 ans et son personnage très rock n’roll, taillé sur mesure, va faire faire de lui une star "familiale". Une assurance tous risques, aussi, qui lui permet de tourner des films plus confidentiels, comme Neverland, ou Rochester, le dernier des libertins, sans doute l’un de ses plus beaux rôles.

Aujourd’hui, la cinquantaine passée, l’acteur est à la croisée des chemins. De Charlie et la chocolaterie à Dark Shadows en passant par Sweeney Todd et Alice, sa collaboration avec Tim Burton, comme son art de déguisement, ont fini par lasser le grand public. "En 2010, 53% des spectateurs américains citaient Johnny Depp comme la raison principale qui les avaient poussés à aller voir le premier Alice", note Anthony D’Alessandro, du site Deadline. "Aujourd’hui ils ne sont plus que 35% lorsqu’on parle de la suite."

Jack Sparrow (encore) à la rescousse ?

L’acteur devrait-il se retourner à ses premières amours et mettre sa notoriété, toujours immense, au profit de petites productions plus pointues ? En dépit d’une performance remarquée dans Strictly Criminal de Scott Cooper l’an dernier, les réalisateurs les plus talentueux de la nouvelle génération ne se bousculent hélas pas pour le faire travailler. A moins qu’ils n’en aient juste pas les moyens…

Reste la "béquille" Jack Sparrow. Au terme d’un tournage rocambolesque – ponctué par la blessure à la main de sa star, et les déboires de sa future ex-femme avec ses chiens - Pirates des Caraïbes 5 est en boîte. L’accueil du film, dont la sortie est prévue 2017, pourrait décider de la suite des aventures cinématographiques de celui qui, à défaut d’emballer les cinéphiles, fait aujourd’hui le bonheur de la presse people du monde entier. C’est toujours ça…

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