Julia Roberts : chronique d'une "Pretty Woman" qui ne séduit (presque) plus

Julia Roberts : chronique d'une "Pretty Woman" qui ne séduit (presque) plus

CONSTAT - Jadis reine de la comédie romantique et dynamite du box-office, Julia Roberts a tout le mal du monde à renouer avec le succès critique, artistique et public. Et ce n’est pas sa prestation de mère éplorée dans "Aux yeux de tous", en salles ce mercredi, qui mettra un point final à une longue et insipide parenthèse.

1990. Après s’être distinguée dans les confidentiels Mystic Pizza et Potins de femmes, Julia Roberts fait du gringue à Richard Gere dans Pretty Woman. Le film, tout comme son personnage de prostituée de Hollywood Boulevard, devient intensément culte pour des générations de spectateurs. Séduite par sa spontanéité et son sourire aussi luminescent qu’un sémaphore un soir de tornade, l’Amérique fait rapidement de la native d’Atlanta sa nouvelle princesse. Une fois cette mise en orbite effectuée, la superstar réussit à maintenir habilement son vaisseau au cœur des étoiles. Les succès se multiplient, les cachets aussi.   

Du thriller (Les nuits avec mon ennemi, L’affaire Pélican) au cinéma d’auteur (Tout le monde dit I Love You, Mary Reilly) en passant par la comédie romantique –son genre-signature– (Le mariage de mon meilleur ami, Coup de foudre à Notting Hill), rien ne résiste en effet au rouleau-compresseur Julia Roberts. En 2000, l’acmé de sa carrière prend le nom d’Erin Brokovich. En incarnant brillamment cette femme-courage qui a osé défier une entreprise véreuse et pollueuse, l’intéressée accède au Graal : l’Oscar de la Meilleure Actrice. De quoi augurer le meilleur…

L’année des extrêmes

Hélas pour la rousse la plus populaire de la planète cinéma, la belle année 2000 marque aussi d’une pierre blanche le début d’un long déclin. Rechignant à sortir de sa zone de confort, Julia Roberts enchaîne les films anecdotiques –Le Mexicain, Le Sourire de Mona Lisa ou Mange, Prie, Aime– et les prestations fantomatiques. Malgré quelques jolis succès au box-office, avec notamment la saga Ocean’s, son nom ne suffit plus forcément à rameuter les foules. Elle ne se réinvente pas et ne s’invite jamais en terres étrangères contrairement à Nicole Kidman par exemple, qui a tourné chez Lars Von Trier ou Alejandro Amenabar.

L’actrice australienne lui donne d’ailleurs piètrement la réplique dans Aux yeux de tous, souffreteux remake du film argentin Dans ses yeux, en salles ce mercredi. Malgré une volonté de briser son image de papier glacé –elle apparait ravagée par le deuil de sa fille assassinée–, Julia Roberts y patine. Il faut dire que la mise en scène cossarde de Billy Ray ne l’aide pas non plus à coudoyer, à 48 ans, ce rôle du second souffle, du renouveau, celui qui lui permettra de (re)coller aux basques de Cate Blanchett et autre Naomi Watts. Peut-être sortira-t-elle la tête de l’eau en mai, au Festival de Cannes, où elle montera pour la première fois les marches pour présenter, aux côtés de George Clooney, le long métrage Money Monster de Jodie Foster. Allez savoir...

A LIRE AUSSI >> Cannes 2016 : Julia Roberts et George Clooney présenteront "Money Monster"

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