Juliette Binoche : "Pourquoi avoir peur de vieillir lorsqu'on aime ce qu'on fait ?"

CINÉMA
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RENCONTRE - Dans "Sils Maria", Olivier Assayas offre à Juliette Binoche le rôle d’une comédienne bousculée par le temps qui passe et la jeune génération qui monte. La comédienne s’est confiée à metronews, en toute simplicité.

Sils Maria est né d’une frustration. Celle de Juliette Binoche qui n‘avait que trop rapidement croisé Olivier Assayas sur le tournage de L’heure d’été, en 2007. "Pour les besoins du film, il était plus proche de ses équipes techniques que de ses acteurs et j’avais la sensation de ne pas connaître le metteur en scène avec lequel j’étais en train de travailler". Ce rendez-vous manqué, Juliette le transforme alors en opportunité en demandant au cinéaste "d’oser le féminin" et de lui écrire une nouvelle partition.

Résultat : avec Sils Maria, présenté en mai dernier à Cannes, la comédienne trouve l’un de ses meilleurs rôles en incarnant une célèbre actrice qui accepte de rejouer la pièce qui l’avait révélée 20 ans auparavant. Mais de l’autre côté du miroir, en interprétant la femme d’âge mûr et non plus la jeune première de l’oeuvre. "Ce qui me touchait, c’était de montrer la difficulté de descendre dans un rôle, de se laisser aller à jouer un personnage, de dépasser les doutes et les peurs. C’est une problématique que je connais bien car je la vis sur tous mes films".

Kristen Stewart, l'attrape-paparazzis

Mais l’identification s’arrête là pour la star qui, contrairement à son personnage, ne vit pas dans la peur du temps qui passe. "La jeunesse, on peut la garder jusqu’au bout si l’enthousiasme est intact. Il y a évidemment un changement physique mais pourquoi en avoir peur quand on aime ce qu’on fait ?". Un discours assumé et sincère si l’on en croit le long-métrage dans lequel l’actrice se montre sans fard et se met à nu. Au sens propre comme au figuré.

"Il y a chez l’actrice cette habitude de se montrer, d’être face à sa nudité. Ca ne me gêne pas. Le seul souci avec la séquence en question, c’était les paparazzis qui nous traquaient pour avoir une photo de Kristen Stewart et moi en petite tenue". Pour la première fois à l’affiche d’un film français, l’ex-teen idol de Twilight campe ici l’assistante personnelle de l’héroïne : l’occasion de prouver enfin son vrai potentiel et de jouer elle aussi avec son image et ses démons. Une autre mise en abyme qui renforce la pertinence et l’impact de ce sublime portrait de femmes et d’actrices.

 

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