"Jupiter, le destin de l’univers" : une boursouflure indigeste et ringarde

CINÉMA

TRISTESSE - Un film d’Andy et Lana Wachowski, les créateurs de "Matrix", ça ne se refuse jamais. Surtout quand il déploie une ambition aussi forte que "Jupiter : le destin de l’univers", en salles ce mercredi. Hélas, c’est la déception qui triomphe au terme d’un récit sans surprise.

Près de trois ans après Cloud Atlas, Andy et Lana Wachowski se frottent de nouveau au space opera avec Jupiter : le destin de l’univers. Et comme souvent, les créateurs de la saga Matrix placent au centre de leur intrigue un personnage, a priori lambda, en passe de découvrir et d’épouser un destin hors du commun. Ici, l’héroïne, une apatride répondant au doux nom de Jupiter Jones (Mila Kunis), récure les toilettes des autres pour se nourrir. Mais voilà qu’un beau matin, elle reçoit l’impressionnante visite de Caine (Channing Tatum), un guerrier spatial, venu la défendre des menaces d’un redoutable empereur de l’espace. Lequel veut mettre la Terre en coupes réglées et jouir des humains comme de vulgaires marchandises.

Ambitieux mais visuellement indigeste

Sur la base d’un scénario d’une densité vertigineuse - le légende veut qu’il fasse plus de 600 pages -, la fratrie Wachowski persiste et signe dans sa volonté d’embrasser une SF pure et dure. Il serait fou, voire malhonnête, de mettre sous silence leur ambition artistique gargantuesque, qui atteint son point culminant lors d’une poursuite entre gratte-ciels, ponts et mer. Une séquence admirable de maîtrise, qui bénéficie des bienfaits d’une 3D probante. Si le long métrage offre en cours de voyage d’excellents moments, il abreuve constamment le spectateur d’informations, de nouveaux décors, de noms saugrenus…

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Les Wachowski débordent de générosité, dévorés chaque minute par leur envie d’en mettre plein la vue, comme en atteste le travail conséquent entrepris par Hugh Bateup, leur directeur artistique attitré. Hélas, à l’écran, l’effet est contre-productif et provoque un véritable embouteillage visuel et formel. Ce qui devait être une épopée romantico-galactique se mue au final en boursouflure indigeste, incontrôlée et parfois ringarde. Et ce ne sont pas Channing Tatum et Mila Kunis, dont le charisme combiné n’excède pas celui d’un bulot, qui sauveront un vaisseau piloté avec trop d’hystérie. Et dont les turbulences entravent ce qui aurait pu et dû être, avec plus d’apaisement, un excellent trip. Notez qu'un comprimé de Doliprane et un rendez-vous chez votre orthoptiste peuvent être utiles à l'issue de la projection.

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