Karin Viard folle de sexe dans "21 nuits avec Pattie"

Karin Viard folle de sexe dans "21 nuits avec Pattie"

CINÉMA
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CRITIQUE – Après "Les derniers jours du monde" et "Le voyage aux Pyrénées", les frères Larrieu reviennent en grande forme avec la comédie "21 nuits avec Pattie", en salles ce mercredi. Ils y dressent les portraits attachants de deux femmes, incarnées par Isabelle Carré et Karin Viard, que tout oppose et… rassemble.

Eté 2013. Les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu tombent sur une personne qui leur étale sa vie sexuelle sans l’ombre d’une pudeur. De cette discussion fortuite, éclose à Castans, un village reculé du Massif Central, jaillit ainsi leur septième long métrage, baptisé 21 nuits avec Pattie. Le prénom évoqué dans le titre fait référence à l’une des deux héroïnes de l’intrigue. Une femme libérée, à la libido aussi frémissante qu’un ado qui découvre la masturbation. Dans son patelin natal, l’intéressée –campée par la stratosphérique Karin Viard– a quasiment couché avec tous les mecs, ne manquant aucune occasion de raconter ses frasques à qui le veut (ou pas) avec une précision d’archiviste.

Sa première interlocutrice ? Caroline (Isabelle Carré), parisienne et mère de famille qui débarque dans ses terres pour préparer urgemment les funérailles de sa maman. Aussi morte que la défunte, cette dernière, vide et asthénique, retrouve peu à peu goût à l’existence au contact de la pétulante Pattie. L’une est pudibonde et taiseuse, l’autre voluptueuse et expressive. C’est sur ces contrastes, délicieusement poussés à l’extrême, que les Larrieu vont orchestrer une comédie enlevée. Laquelle s’oriente assez vite vers des contrées fantastico-policières quand, à quelques jours des bals du 15 août, le corps de la mère de Caroline disparait.      

A la vie, à la mort  

Outre les prestations impeccables de ses deux comédiennes-stars, les réalisateurs font ici preuve d’une épatante direction d’acteurs avec le reste de leur troupe. En son sein, des personnages irrésistibles, parmi lesquels André, un obsédé sexuel incarné par Denis Lavant à coup de borborygmes. "Il a une bonne bite comme j’aime, une bite de bande dessinée, tu vois ? (…) Tout avec la bite, pas de chichi !", commentera plus tard Pattie. En définitive, ce film bucolique et libertaire célèbre avec hardiesse les mots, la chair (peu montrée), le désir, la parole. Dans ses réjouissants égarements, il convie même la vie et la mort à la même table. Bon appétit ! 

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