"Kill your friends" - Mensonges, drogues, crimes : un tube à n'importe quel prix

"Kill your friends" - Mensonges, drogues, crimes : un tube à n'importe quel prix

CRITIQUE - Présenté en compétition au Festival du Film Britannique de Dinard, l’inégal "Kill your friends" d’Owen Harris, en salles le 2 décembre prochain, relate le parcours d’un producteur démoniaque de musique. Rôle que Nicholas Hoult endosse avec excellence.

Révélé en 2002 aux côtés de Hugh Grant dans Pour un garçon, Nicholas Hoult s’est mué au fil des années en figure incontournable du cinéma actuel. Non content d’avoir trusté des blockbusters tels que X-Men : Days of Future Past ou Mad Max : Fury Road, le comédien britannique de 25 ans a trouvé cette année un rôle emblématique en la personne de Steven Stelfox, le héros chtarbé de Kill your friends, premier long métrage d’Owen Harris (lequel a fait ses armes à la télévision en réalisant certains épisodes de Misfits et Journal intime d’une call girl).   

Le pitch ? Londres, fin des années 90. L’industrie de la musique, alors à l’abri des récents chambardements - MP3, téléchargements, sites d’écoute en ligne etc… -, se porte comme un charme. Des groupes comme Oasis, Radiohead ou les Spice Girls siègent, en empereurs, au zénith des charts mondiaux. C’est dans ce contexte très précis et suranné que se situe l’action de Kill your friends, comédie railleuse directement inspirée par le roman autobiographique de John Niven. Soit un texte féroce centré sur un protagoniste qu’on adore détester.

Le chaos règne

En l’occurrence un producteur aux dents qui déchiquètent le parquet, à l’opportunisme indécent, à l’ambition malséante. Un homme solitaire qui, pour mettre le grappin sur le prochain tube interplanétaire, est capable de mentir, blesser et… tuer ses amis, comme l’indique le titre dudit long métrage. Raconté à la première personne, Kill your friends démarre sur les chapeaux de roues, faisant miroiter la perspective d’un spectacle insolant. Tout y est : l’humour noir, le jeu malin de Nicholas Hoult, le découpage au cordeau, le cadre soigné, la BO… 

Hélas, l’impertinence de la première moitié ne se renouvelle jamais. Pis, elle finit par s’effilocher, ne dépassant jamais les contours du simple état des lieux. Car, ici comme ailleurs, la musique est toujours la même : le milieu de l’art carbure aux requins (plus ou moins) adeptes de drogue, de sexe et autres manipulations répréhensibles (Bret Easton Ellis est déjà passé par là). On aurait aimé que le scénario soit plus méchant, moins systématique. Qu’il plonge davantage dans les racines du mal à défaut d’un (sur)vol de reconnaissance. Que la satire soit assumée avec plus de virulence et que le chaos, certes palpable, prenne encore mieux ses quartiers.

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