"Kubo et l’armure magique" : une fable qui fera rire et pleurer toutes les générations

"Kubo et l’armure magique" : une fable qui fera rire et pleurer toutes les générations

RENCONTRE – C’est probablement l’un des films d’animation les plus aboutis de l’année 2016. Avec "Kubo et l’armure magique", en salles ce mercredi, le réalisateur Travis Knight propulse son jeune héros attachant au cœur du Japon de l’ère Edo et lui inflige une lutte douloureuse mais nécessaire contre son passé. LCI est allé à la rencontre du maestro.

Le sourire et la passion accompagnent chaque mot prononcé par Travis Knight. A 43 ans, le fils du fondateur de la marque Nike connait une formidable success-story. Il siège en effet à la tête du studio d’animation Laika qui, en quelques années, s’est imposé comme une référence en matière de stop-motion avec des œuvres telles que Coraline, L’étrange pouvoir de Norman et Les Boxtrolls. Jusqu’alors producteur, l’intéressé a franchi le pas de la mise en scène avec Kubo et l’armure magique, une épopée merveilleuse axée sur le destin hors du commun de Kubo, petit conteur et musicien de rue qui doit délier le courroux d’un esprit malfaisant et lever le mystère de son héritage. Visuellement sublime, le résultat fait cohabiter mythes et contes, légendes et monstres médiévaux, avec une fluidité formelle sidérante. Et traite en filigrane, avec humour et émotion, de sujets universels comme la quête identitaire, la filiation ou le dépassement de soi. Knight commente cette aventure pour LCI. Morceaux choisis.

 

Un projet ultra personnel

"Nous vivons une époque très difficile pour la créativité, surtout aux Etats-Unis, où les producteurs n’ont d’yeux que pour le recyclage, les franchises, les reboots, les remakes et autres séquelles… Raconter des histoires originales, de celles qui transportent les spectateurs vers des aventures nouvelles, est devenu rarissime. (…) Kubo et l’armure magique évoque mes deux parents. Je vous explique… J’ai toujours adoré les romans d’heroic fantasy, ceux de C.S. Lewis, Lewis Carroll ou J.R.R. Tolkien. Quand ma mère était enceinte de moi, elle était justement plongée dans Le Seigneur des Anneaux (rires). Et plus tard, elle me lisait tous ces livres. A l’âge de 8 ans, j’ai par ailleurs accompagné mon papa lors d’un de ses voyages d’affaires au Japon. Et ça a été une révélation. Depuis ce jour, je vis une incroyable idylle avec ce pays. Kubo rassemble tout ça. C’est une œuvre intime sur la famille inspirée par la famille."

 

Une approche transgénérationnelle 

"Je me sens très proche de Kubo. C’est un artiste, un conteur, un musicien… Il a la capacité de mettre en mouvement des choses inanimées grâce à son imagination. Et c’est justement ce que nous faisons chez Laika. Je suis touché par l’émotion qu’il délivre, par sa relation fusionnelle avec sa mère et par son cheminement vers une forme de guérison. (…) Nous avons tenté de bâtir ce film en plusieurs strates, de sorte qu’il résonne différemment chez chaque spectateur. Les parents seront par exemple sensibles à des thèmes graves comme le deuil et la reconstruction. J’ai perdu mon frère il y a 12 ans. Et il y a tant de choses que je n’ai pas pu lui dire. Cela m’attriste. Mon but était de capturer ce sentiment, de dire que ce n’est pas parce que quelqu’un n’est plus avec nous physiquement qu’il a disparu. C’est sûrement l’ombre du bouddhisme pratiqué par mon épouse qui plane là."

 

Une direction artistique fabuleuse

"L’univers de Kubo est le fruit de la combinaison de plusieurs époques, dont l’ère Edo. La ville dans laquelle le héros réside est également un panaché de plusieurs autres sites historiques. Malgré la dimension Fantasy de notre entreprise, nous voulions avoir un pied dans la réalité. De nombreux consultants artistiques et historiques ont collaboré à nos côtés afin d’être au plus près des traditions, des coutumes… Il est en effet question d’influences multiples : l’origami, le théâtre no, la fabrication de poupée… Et la peinture surtout ! Nous nous sommes beaucoup inspirés des travaux de Hokusai ou de Kiyoshi Saito, qui conférait à ses toiles une portée philosophique. Logistiquement, c’était en tout cas fou, de la fabrication des marionnettes jusqu’à la conception des décors. Nous nous sommes entourés pour l’occasion des pros de la stop motion et avons travaillé dur avec des artistes du monde entier."

VIDEO. Sortie de Kubo et l’Armure magique

En vidéo

Cinéma : sortie de Kubo et l’Armure magique

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