"L'insulte", film nommé aux Oscars : Ziad Doueiri ravive les tabous de la guerre civile au Liban

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CINÉMA - Vingt-huit ans après la fin de la guerre civile libanaise, "L'insulte" de Ziad Doueiri dépeint avec un réalisme inédit les tabous du conflit, ce qui lui a valu d'être nommé pour l'Oscar du meilleur film étranger. En salles ce mercredi.

A Beyrouth, de nos jours, une insulte qui dégénère conduit Toni (chrétien libanais) et Yasser (réfugié palestinien) devant les tribunaux. De blessures secrètes en révélations, l'affrontement des avocats porte le Liban au bord de l'explosion sociale mais oblige ces deux hommes à se regarder en face. 


L'Insulte, en salles mercredi, raconte l'histoire d'une simple querelle de rue dans le Liban d'aujourd'hui entre Tony, Libanais et nationaliste chrétien, et Yasser, un réfugié palestinien. Le script du film, qui commence dûment par une insulte, est d'une audace rare dans le cinéma libanais abordant la guerre. La bagarre devient une affaire nationale, ravivant les divisions qui ont déclenché le conflit. Dans les années 1970, l'établissement de factions armées palestiniennes au Liban était rapidement devenue la pomme de discorde dans ce petit pays. La guerre oppose au départ milices chrétiennes et factions palestiniennes, avant de dégénérer en conflit armé entre chrétiens d'une part et musulmans et factions de gauche favorables à la cause palestinienne de l'autre. 

En lice pour l'Oscar du meilleur film étranger

Le réalisateur franco-libanais Ziad Doueiri, qui a quitté le Liban pour les Etats-Unis en pleine guerre civile (1975-1990), s'attaque pour la deuxième fois avec L'Insulte au thème de ce conflit après West Beirut sorti en 1998. Son film a été salué par les critiques libanais car il aborde de manière franche et sans clichés le thème de la réconciliation, dans un pays où il n'y jamais eu après la guerre d'enquête officielle, de travail de mémoire ou de commissions nationales de réconciliation.


Ici, les Libanais n'ont pas encore tourné la page de la dissension, alors que le pays est toujours fortement divisé, notamment sur le conflit dans la Syrie voisine ou les armes du Hezbollah chiite. Malgré les séquelles, le chemin vers le purgatoire est possible, semble suggérer le film, avec les personnages se rapprochant au fil du scénario.


L'insulte a déjà été récompensé à la Mostra de Venise par le prix du meilleur acteur au Palestinien Kamel el-Basha. Et le 4 mars, il sera en lice dans la catégorie du meilleur film étranger pour la cérémonie des Oscars, face à The Square (Suède), Une femme fantastique (Chili), Corps et âme (Hongrie) et Faute d'amour (Russie).

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