"L’Odyssée", la critique de LCI : épique et intimiste, un biopic qui arrive à bon port

CINÉMA
DirectLCI
ON AIME – En salles ce mercredi, "L’Odyssée" de Jérôme Salle réussit le tour de force de raconter le Commandant Cousteau en ménageant à la fois le grand spectacle et le drame personnel d’un homme qui a tout sacrifié, ou presque, à ses folles expéditions. Lambert Wilson et Pierre Niney y sont excellents.

Qui était vraiment le Commandant Cousteau ? En deux heures (et deux minutes) de film à grand spectacle, Jérôme Salle aurait pu choisir d’apporter une réponse simple, voire simpliste, et d’offrir au spectateur l’hagiographie qu’un tel personnage mérite. C’est la première force de L’Odyssée : sous le grand spectacle - qui en met franchement plein la vue - se cache un film plus intime, questionnant la relation entre le père et son plus jeune fils, Philippe. Mais aussi les ressorts psychologiques d’un homme à la fois visionnaire, égoïste, businessman et séducteur.


Reste que ce biopic à la Française respecte les codes du genre. A savoir un récit chronologique condensé qui se focalise sur les périodes clés de l’existence de son héros hors norme. Sa frustration de pilote, sa passion précoce pour la plongée, partagée en famille, la naissance de la Calypso, les premières expéditions financées par la British Petroleum, les premiers films, avant la Palme d’Or à Cannes pour le Monde du Silence, mais aussi les tensions, trahisons et déceptions, personnelles comme professionnelles.

Un vrai beau film écolo aussi

Cousteau n’était pas un Saint, et Jérôme Salle en fait l’incarnation d’une époque où la sauvegarde de l’environnement allait devenir une question cruciale pour les générations futures. A l’écran père et fils s’aiment, se détestent et se réconcilient autour d’un combat que leurs descendants perpétuent aujourd’hui. A ce titre L’Odyssée réussit le tour de force de véhiculer un vrai beau message écolo sans jamais verser dans le prêchi-prêcha bien-pensant. Qui va s'en plaindre ?


Et puis il y a les performances d’acteur, indispensables pour adhérer à une telle entreprise. Dans la peau (et l’uniforme) du Commandant, Lambert Wilson incarne plus qu’il joue, prête sa belle gueule et sa classe naturelle à un personnage plus ambigu qu’on ne pouvait le croire. Si Audrey Tautou est impeccable en épouse aimante, malgré les épreuves, Pierre Niney volerait presque la vedette au héros en fils fougueux, rêveur, frustré par ce père qui ne songe qu’à la mer. 

En vidéo

Interview de Lambert Wilson

Lire aussi

Plus d'articles

Lire et commenter