"La couleur de la victoire" : émouvant biopic en hommage à Jesse Owens

"La couleur de la victoire" : émouvant biopic en hommage à Jesse Owens

CRITIQUE – En salles ce mercredi, "La Couleur de la victoire" de Stephen Hopkins revient sur la vie du champion olympique américain Jesse Owens. Scolaire dans sa forme, cette œuvre soigne toutefois le fond et fait considérablement vibrer les cœurs.

Ce n’est pas trop tôt ! Quatre-vingts ans après avoir marqué au fer rouge l’histoire du sport, l’athlète afro-américain Jesse Owens a enfin inspiré au cinéma un biopic passionnant : La couleur de la victoire. Ce projet aux modestes moyens, dirigé par Stephen Hopkins, n’a pu éclore qu’avec l’aval des filles du quadruple médaillé d’or, lesquelles ont assisté au tournage et nourri la trame d’anecdotes intimes.

Un tour de piste humaniste

Couvrir l’existence entière de cette légende nécessitant l’emploi d’une mini-série, voire bien plus, le scénario se recentre ici sur deux moments majeurs : son arrivée à l'Ohio State University en 1934, au cœur d’une Amérique raciste, et ses triomphes aux J.O. de Berlin en 1936, où il explosa les records du monde du 100m, du 200m et du saut en longueur, sous le regard tétanisé d’un Hitler humilié, qui refusa de lui serrer la main.

Soucieux de retranscrire le plus honnêtement possible les faits relatés, le cinéaste Stephen Hopkins a tendance là à s’effacer derrière son sujet, livrant ainsi une mise en scène sage, compassée et au relief bas. Pour autant, son approche purement illustrative n’entache en rien le plaisir et l’émotion que l’on ressent au fil d’un parcours criblé de chausse-trapes et de rebondissements.  

Adversité, spoliations, moqueries, xénophobie… Rien ne fut en effet épargné à Owens qui, sous l’impulsion de Larry Snyder, son entraîneur fidèle et attachant (excellent Jason Sudeikis), finit par se transcender. Le comédien Stephen James, remplaçant au pied levé de John Boyega -ce dernier a préféré miser sur Star Wars-, contribue allègrement (et sans boursouflures performatives) à immortaliser ce destin hors normes. Il est bel et bien impeccable sous les traits du héros. 

Bilan ? A une encablure des prochains JO de Rio, rien de mieux que de replonger dans cette épopée humaniste qui, en filigrane de sa peinture historique fort soignée, redonne à l’esprit olympique toute sa pureté et sa noblesse. Owens a couru avec le cœur, conquis le public, réécrit l'histoire, et, dans un contexte mondial épouvantable, gagné le respect de son concurrent allemand Luz Long, avec qui il resta longtemps ami. Un grand monsieur, en somme.        

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