La magnifique lettre de Martin Scorsese à sa fille

La magnifique lettre de Martin Scorsese à sa fille

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TOUCHANT - Alors que son dernier film "Le loup de Wall Street" cartonne en salles, Martin Scorsese revient sur le devant de la scène grâce à une lettre écrite à sa fille. il lui parle du cinéma et de son avenir. Morceaux choisis.

A 71 ans, Martin Scorsese est plus jeune que jamais. Jadis figure de proue du Nouvel Hollywood avec des œuvres colossales telles que Raging Bull ou Taxi Driver, le cinéaste d'origine italienne peut s'enorgueillir de tenir la dragée haute aux blockbusters. Avec Le Loup de Wall Street, portrait controversé d'un trader merveilleusement campé par Leonardo DiCaprio, il a déjà séduit 2 millions de spectateurs en France et glané 66 millions de dollars au box-office US. Le brillant long métrage figure parmi les favoris pour les prochains Oscars.

Au lieu de répondre aux nombreuses critiques lui reprochant d'avoir rendu son loup de la finance attachant, Marty a décidé de faire un geste touchant. Le magazine italien L'Espresso vient en effet de publier la lettre (publique) qu'il a adressée à Francesca, sa fille de 13 ans. L'intéressé y parle avec passion de la façon dont il voit l'avenir du septième art. A l'heure où le rapport Bonnell a jeté un climat délétère sur le futur du cinéma français , Scorsese se réjouit des avancées technologiques qui ont été faites. Il a d'ailleurs pu en profiter en tournant le très beau Hugo Cabret.

Un optimisme revigorant !

"Je pense que le futur sera brillant !", écrit-il après deux petits paragraphes. "On a toujours su que les films faisaient partie d'un business (...) Aucun de ceux qui ont commencé ce métier dans les années 60 et 70 ne se sont faits d'illusions sur ce point. On savait qu'on devait travailler dur pour protéger ce qu'on aime". Réaliste, Marty poursuit en félicitant certains de ses confrères qui ont tout mis en place pour diriger des films auxquels ils tenaient. Il cite notamment Wes Anderson, Richard Linklater, David Fincher, Alexander Payne, les frères Coen ou James Gray.

"Paul Thomas Anderson a réussi à tourner The Master en 70mm et a montré le film avec ce format dans plusieurs villes, note-t-il. Quiconque accorde de l'importance au cinéma devrait en être reconnaissant". Il salue au passage tous les réalisateurs, de France, de Corée du Sud, d'Angleterre ou du Japon qui parviennent au bout de leur passion. "Je ne crois pas être pessimiste quand je dis que le cinéma et l'industrie du film sont à un tournant", poursuit-il.

Tout le monde a sa chance

"Pour la première fois dans l'histoire de l'art, des films peuvent être réalisés avec très peu d'argent", insiste-t-il arguant qu'il est désormais possible d'obtenir de très belles images avec des caméras abordables. Néanmoins, il faut garder une chose en tête : "les outils ne font pas le film, vous le faites". Oui vous qui êtes derrière votre écran et qui rêvez de sauter le pas ! "Si John Cassavetes, mon ami et mentor, était vivant aujourd'hui, il aurait certainement utilisé tout ce qu'il y a à portée de main (…) Mais il vous aurait dit la même chose que moi, qu'il faut tout mettre au service du travail". A bon entendeur.

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