"La Promesse de l’aube", notre avis : intime et romanesque, un grand film populaire

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ON AIME – En portant à l’écran "La Promesse de l’aube", le chef d’œuvre de Romain Gary, le réalisateur Eric Barbier signe une fresque à la fois spectaculaire et intimiste, portée par deux comédiens de haut vol.

Un simple film ne saurait raconter une vie entière. Surtout lorsqu’à l’image de Romain Gary, on a fabriqué sa légende en mélangeant le réel et la fiction avec une virtuosité qui vous a fait entrer dans le panthéon des auteurs français du XXe siècle. Comme Jules Dassin avant lui, le réalisateur Eric Barbier a choisi d’adapter La Promesse de l’aube, le célèbre roman paru en 1960 et qui relate la jeunesse de Roman Kacew, le vrai nom de l'écrivain, de la petite ville polonaise de Wilno où il a grandi jusqu’à ses exploits aériens durant la Seconde Guerre mondiale, en Grande-Bretagne.

 

Le trait d’union de ces folles années, c’est la mère de Romain/Roman. Mina dans la vraie vie, Nina dans le récit, est une ancienne actrice qui élève seule son fils après avoir fui la Russie. Pour l'amour de sa vie, elle rêve à haute voix. Et va tout sacrifier pour lui offrir l’existence qu’elle n’a pas eue. Cette relation mère-fils hors du commun est au cœur du dernier grand film français de l’année 2017. Si la reconstitution historique est minutieuse, élégante, spectaculaire aussi, Eric Barbier en fait l’écrin d’un drame intime aussi singulier qu’universel.

Niney-Gainsbourg, duo inédit et convaincant

Pour réussir ce pari, il fallait trouver deux comédiens à la hauteur de leurs illustres modèles. Dans un registre pas si éloigné, le Golden Boy Pierre Niney était déjà impeccable en Cousteau Jr. dans L’Odyssée. Ici sa force de conviction, son incandescence, son physique intemporel aussi, servent à merveille le portrait sans cesse en mouvement d’un génie en devenir. Face à lui, Charlotte Gainsbourg livre l’une des performances les plus étonnantes de sa carrière.

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Grimée, transformée, la comédienne et chanteuse trouve la note juste, jusque dans l’accent polonais, exercice casse-gueule au possible, pour incarner ce monstre maternel dont les excès d’amour remuent, choquent parfois, amusent aussi. Son interprétation, intense et généreuse, est l’une des plus réussies de sa carrière, depuis ses embardées psycho-cruelles chez le Danois Lars Von Trier.

Talent précoce, Eric Barbier embrassait déjà le romanesque en 1993 avec Le Brasier, chronique ardente des luttes sociales des années 1930 dans les mines du Nord. Passé par le polar au début des années, il renoue avec le lyrisme de ses débuts pour signer sans doute son film le plus accessible, survolant un demi-siècle d’histoire de France à travers le parcours haut en couleur de son infatigable héros. Fantasmé ou non.

>> "La Promesse de l'aube" de Eric Barbier. Avec Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Finnegan Oldfield. Durée : 2h10.

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