"La Taularde" : Sophie Marceau, prisonnière d’un film raté !

"La Taularde" : Sophie Marceau, prisonnière d’un film raté !

COUP DE GUEULE – En salles ce mercredi, "La Taularde" d’Audrey Estrougo envoie la ravissante Sophie Marceau derrière les barreaux. L’ambition est bien là mais la jeune cinéaste échoue à donner de la puissance à sa peinture sans concession du milieu carcéral. Très décevant !

"L'amour est de toutes les passions la plus forte parce qu’elle attaque à la fois la tête, le cœur et le corps", écrivait Voltaire en 1862 dans Les pensées philosophiques. Une citation qui pourrait bien seoir à la personnalité de Mathilde, l’héroïne hardie de La Taularde, quatrième long métrage de la réalisatrice française Audrey Estrougo. Pour sauver l’homme de sa vie, cette dernière va en effet jusqu’à l’aider à s’échapper de prison, prenant in fine sa place derrière les barreaux. Une abnégation de tous les diables qui la conduit ainsi à devenir une taularde comme une autre, loin de ce mari dont elle n’a plus aucune nouvelle.

Une grande actrice ne suffit pas

Après Une histoire banale,  Audrey Estrougo s’inspire là du récit d’une véritable détenue, avec laquelle elle s’est longuement entretenue en amont du projet, pour proposer une plongée dans de la quotidienneté pénitentiaire. Malgré toute la bonne volonté qui est sienne, l’intéressée a heurté de plein fouet le parpaing du film carcéral, genre casse-gueule par excellence, en raison notamment de son extrême codification. A moins d’être Jacques Audiard (Un Prophète) ou David McKenzie (Les poings contre les murs), pour ne citer qu’eux, et d’avoir le talent de transcender les redites systématiques via un dispositif de mise en scène fort, l’échec est très souvent au rendez-vous.

C’est le cas de La Taularde qui, à quelques moments immersifs près, effeuille sans aspérités ni originalité tous les passages obligés liés au mitard : violence, coups bas, camarades de cellule difficiles, visites familiales (mention spéciale pour une séquence hallucinante où le fils de Mathilde, incarné par Benjamin Siksou, tente d’extirper un cellulaire de son anus)… Dans cette succession de mésaventures attendues, la belle Sophie Marceau bataille avec une hargne indiscutable. La foi absolue qu’elle met dans son personnage nous attendrit d’autant plus qu’on a tout le mal du monde à croire au parcours de cette prof de lettres prise dans de saisissantes lames de fond. Et c’est fort regrettable !

Lire aussi

    Sur le même sujet

    Les articles les plus lus

    EN DIRECT - Non-respect du couvre-feu : 1,1 million de contrôles et 76.000 verbalisations depuis le 15 décembre

    Covid-19 : couvre-feu, confinement, écoles... ce que Jean Castex pourrait annoncer

    Covid-19 : l'efficacité du vaccin est-elle vraiment contredite par la flambée épidémique en Israël ?

    "Respectueuse", "loyale"… les politiques de tous bords rendent hommage à Marielle de Sarnez

    Impôts : êtes-vous concerné par le remboursement versé ce vendredi ?

    Lire et commenter