"L'affaire SK1", une traque qui fait toujours froid dans le dos

CINÉMA
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FAITS REELS - Pour son second long métrage, en salles ce mercredi, Frédéric Tellier s’est intéressé à l’une des affaires criminelles les plus tristement célèbres de l’histoire de la justice française : celle de Guy Georges, le tueur de l’est parisien. Le réalisateur revient pour Metronews sur le genèse de "L’affaire SK1", un projet aussi retors qu’ambitieux.

Paris, début des années 1990. L’est de la capitale fut pris d’assaut par un tueur en série méthodique qui élimina sauvagement sept femmes après les avoir violées. En s’ébruitant, l’affaire labyrinthique, qui mobilisa 4 000 policiers pendant sept ans, devint l’une des plus retentissantes de l’histoire de notre justice. "A cette période, j’étais encore choqué par le viol d’une de mes amies, se souvient le réalisateur Frédéric Tellier. Les crimes de Guy Georges l’empêchaient de se reconstruire. C’était horrible. J’ai par la suite rejoint des associations venant en aide à des femmes abusées et maltraitées."

Un respect total des victimes

Quelques années plus tard, en 2001, le procès s’ouvrit dans l’effervescence médiatique. Tellier, alors assistant réalisateur, s’y intéressa de près. "Cette affaire a accroché son encre à mon cerveau, se souvient-il. Je me suis documenté pendant des années et rencontré toutes les personnes qui y ont été impliquées : les avocats, les magistrats, les familles des victimes, le 36…" Mais pour que ce projet prenne tout son sens, il fallait surtout convaincre l’homme qui chapeauta la traque et qui est brillamment incarné à l’écran par Raphaël Personnaz. "Il est obscur, sans gloire et taiseux… On ne le voit jamais dans les médias. Il m’a demandé comment j’allais traiter l’affaire et je lui ai répondu que le film se ferait dans le plus grand respect des victimes. Il a été rassuré. Mon but ici, ce n’est ni l’argent ni la gloire. Je voulais témoigner sur ces sombres années de notre histoire collective."

Condenser presque dix ans en deux heures

Sur la base d’un scénario fouillé et d’une grande qualité, Frédéric Tellier orchestre ainsi un thriller très efficace. Malgré la kyrielle de rebondissements qui mena à la condamnation de Guy Georges, l’intéressé réussit à nous servir une œuvre digeste, qui redore le blason d’un genre en décrépitude. "Condenser en deux heures une décennie aussi riche en fausses pistes, en cul-de-sac et en traumatismes, ça nécessite forcement certains raccourcis, poursuit Tellier. Mais plus de 70 % de ce que vous verrez est vrai. J’ai voulu par ailleurs m’effacer dans la mise en scène car cette affaire est tellement incroyable. Il fallait de la modestie par rapport aux faits abordés. Je n’avais surtout pas envie de multiplier les effets stylistiques par respect pour les victimes." Témoignage réussi !
 

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