"Last Days of Summer" : Jason Reitman signe un mélo magnifique

"Last Days of Summer" : Jason Reitman signe un mélo magnifique

CINÉMA
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STOCKHOLM SYNDROM - Dans "Last Days of Summer", le nouveau film de Jason Reitman, en salles mercredi, Kate Winslet et Josh Brolin trouvent deux rôles en or. Le second incarne un taulard en fuite qui prend en otage la seconde et son ado de fils. Une réussite éclatante.

Holton Mills, New Hampshire. A l'intérieur d'un supermarché , Henry, une quinzaine d'années, parcourt de ses yeux éteints des couvertures de comics. Quelques rayons plus loin, sa mère (Kate Winslet), remplit son caddie en traînant des pieds, l'allure apathique. Ces deux êtres silencieux et cabossés (sur)vivent sans espoir ni figure paternelle dans une maison de guingois. Quand Frank (Josh Brolin), un prisonnier fraîchement évadé, fait irruption par une porte de service, la main logée sur son flanc sanglant, il oblige l'adolescent et sa maman à le secourir.

C'est ainsi que s'ouvre Last Days of Summer, le nouveau long métrage du canadien Jason Reitman, auteur des très remarqués Juno, In the air et Young Adult. Par une prise d'otage à la fois douce et tendue qui met en lumière trois comédiens exceptionnels. Habitué à servir des œuvres enjouées, malgré leur aura souvent dramatique, le jeune cinéaste, 36 ans, s'essaye ici pour la toute première fois au mélo en adaptant librement le roman Long week-end de Joyce Maynard.

Une émotion à fleur de peau

Bien plus qu'une réussite, sa relecture relève du coup de maître. Sans jamais tomber dans le piège du tire-larme, le réalisateur instille l'émotion avec un rare sens de la parcimonie. Sa mise en scène, précise et élégante, s'attarde sur les silences et les gestes. Mais surtout sur les regards de la mère et du fils, effrayés par cet étranger en apparence rustre qui élit domicile chez eux. Une méfiance qui s'estompe graduellement à mesure que les otages entrevoient dans leur bourreau l'empreinte du père parfait et providentiel.

On retiendra notamment cette séquence remarquable où le trio, calfeutré dans la cuisine, concocte une tarte. A cet instant précis, les plaies se referment à vue d'oeil et l'espoir défie de sa lumière salvatrice les ténèbres qui avaient tout englouti. Toutes proportions gardées, il souffle dans ce drame poignant, soutenu par un casting lumineux, un air de Sur la route de Madison et Un monde parfait. Une pépite aussi délicieuse qu'une tarte aux abricots dégustée en plein été.

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