"Le dernier jour d'Yitzhak Rabin" : quand Amos Gitaï tacle Benjamin Netanyahu

"Le dernier jour d'Yitzhak Rabin" : quand Amos Gitaï tacle Benjamin Netanyahu

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CRITIQUE – Un an après "Tsili", le réalisateur israélien Amos Gitaï signe un retour triomphal avec "Le dernier jour d’Yitzhak Rabin", en salle ce mercredi. Une œuvre forte dans laquelle il explore un pan sombre de l’histoire de son pays en soignant la forme, superbe, comme le fond, passionnant. Décryptage.

 Faire l’impossible deuil
Le 4 novembre 1995, les colombes ont pleuré. Sur la Place des Rois d’Israël, à Tel-Aviv, le Premier ministre Yitzhak Rabin, Prix Nobel de la Paix, est froidement assassiné par Yigal Amir, un militant d’extrême-droite. Alors qu’un apaisement semblait amorcé, l’homme qui a serré la main à Yasser Arafat dans le cadre des accords d’Oslo en 1993 fit disparaître dans son funeste sillage les espoirs chevillés au corps des (tous les) pacifistes. Cette plaie perdurable, Amos Gitaï la rouvre en éployant les ailes d’une œuvre ambitieuse, qui marie admirablement le documentaire et le thriller. 

 Dénoncer les failles
Sans vraiment matérialiser à l’écran l’homme politique, qui traverse la pellicule telle une ombre spectrale, le réalisateur de Kadosh se penche plus précisément sur la commission d’enquête qui fut chargée de disséquer les conditions dudit assassinat. Un groupe à qui il reproche un travail non exhaustif, unilatéralement basé sur les déficiences technico-logistiques des services de sécurité. Dans sa volonté de creuser la cicatrice, Gitaï blâme de manière édifiante les groupes d’influences et les extrémistes religieux qui, selon lui, ont contribué à instaurer un climat délétère, propice à la tragédie.   

 Epingler Netanyahu  
Alors que la situation au Moyen-Orient est toujours aussi explosive, Gitaï -qui ne fait toujours pas l’unanimité chez ses concitoyens-, profite de son moyen d’expression cinématographique pour asséner une virulente critique à la droite dure. Et pour tacler Benjamin Netanyahu sans ménagement. Par le biais d’images d’archives, on y découvre en effet l’actuel dirigeant de l’Etat juif s’adresser à une foule de sympathisants en comparant à l'époque Rabin à un officier SS... Méticuleusement construite, cette œuvre, qui devrait faire grincer des dents, cloue au siège de bout en bout.  

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