Le flop de "Colonia" avec Emma Watson est-il mérité ?

Le flop de "Colonia" avec Emma Watson est-il mérité ?

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CRITIQUE – Le dernier film de la star féminine de "Harry Potter" n’a déplacé les foules ni aux Etats-Unis ni au Royaume-Uni. Trop nul ? Même pas !

55 euros. C’est ce qu’aura rapporté Colonia, le dernier long-métrage d’Emma Watson, lors du premier jour de sa sortie au Royaume-Uni. En cause : une exploitation sur trois salles seulement provoquée par la diffusion simultanée du film sur les plateformes de vidéo à la demande. Un choix s’expliquant notamment par un bide encaissé quelques mois plus tôt dans les cinémas américains. Malgré les mauvais résultats de Régression d’Alejandro Amenabar, Emma Watson, habituée aux cimes du box-office grâce à la saga Harry Potter, n’avait jamais connu un tel échec. C’est d’autant plus regrettable que le film mérite le détour !

Avant de réinventer le mythe de La Belle et la Bête sur les écrans en mars 2017, la jeune actrice de 26 ans se retrouve ici parachutée dans le Chili de 1973. Dès son arrivée au pouvoir après un coup d’état, Pinochet arrête alors tous ses opposants et en enferme certains à la Colonia Dignidad, sorte de secte dirigée par un ex-officier nazi. Parmi les prisonniers : Daniel, photographe et compagnon de Lena qui pour retrouver l’homme de sa vie, décide d’infiltrer le camp en s’y portant volontaire.

Si ces deux amants sont pure fiction, ce micro-état totalitaire régi par les mécanismes de la peur a bel et bien existé pendant près de 40 ans. Et c’est là l’un des atouts majeurs de ce long-métrage : s’appuyer sur une réalité glaçante que le spectateur découvre avec stupeur. De ce postulat historique, Florian Gallenberger tire un suspense très efficace : la tension est constante et atteint son paroxysme dans les scènes de face-à-face entre Emma Watson, irréprochable en amoureuse courageuse, et Michael Nyqvist (le Mikael Blomkvist du Millenium suédois), terrifiant en leader sadique et pédophile de la Colonia. Daniel Brühl, inoubliable héros de Good Bye Lenin et chouchou allemand des productions internationales (Rush, Inglourious basterds, La vengeance dans la peau), est un cran en-dessous de ses partenaires mais rien qui ne justifie la punition infligée jusqu’à présent au box-office à ce thriller historique de facture très honnête.

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