"L'Enquête" : Clearstream au cinéma, mode d'emploi

"L'Enquête" : Clearstream au cinéma, mode d'emploi

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DECRYPTAGE – Avec "L’Enquête", en salles mercredi, le réalisateur Vincent Garenq propose de mieux comprendre les rouages de l’affaire des affaires : Clearstream. Grâce au travail du journaliste Denis Robert, campé à l’écran par Gilles Lellouche, l’horizon financier paraît moins opaque.

Quatre ans après Présumé Coupable, qui nous plongeait au cœur de l’affaire Outreau, le cinéaste Vincent Garenq s’attaque dans L’Enquête au scandale politico-financier Clearstream. Il signe là un polar tendu basé sur les écrits de son héros, Denis Robert (excellent Gilles Lellouche), le journaliste qui provoqua un tollé en 2001 en dévoilant les arcanes de la société bancaire luxembourgeoise, spécialisée dans l'échange de titres. Voici les quatre ingrédients de cette réussite cinématographique.
   
Vaincre le casse-tête
"Ce projet a été écrit avec de la concentration et de la transpiration. Il fallait trouver la bonne hiérarchie dans les rôles pour qu’un équilibre se fasse. Outre le scénario, le soin apporté au montage était primordial afin de ne pas perdre le fil du propos, qui est très dense. Les scènes changeaient de place en permanence. Mon but était d’aboutir à la bonne formule pour que personne ne soit largué. Et de livrer un divertissement qui raconte notre époque."

Rapporter la bonne histoire
"Je voulais dès le départ rendre son sens à cette histoire. Les gens l’ont en effet résumée à une vengeance personnelle entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. C’est plus compliqué que ça. Il y a Imad Lahoud qui vient notamment dénaturer les choses, qui les fait sombrer. Au-delà, il est question de briser l’opacité de ce milieu. Aujourd’hui, personne ne comprend rien à la finance, pas même ceux qui vous vendent des produits en agence. Je trouve ça incroyable !"

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S’inspirer de Denis Robert
"Denis était consultant sur le film. J’ai énormément d’empathie pour lui, raison pour laquelle je le traite à l’écran avec bienveillance. Aujourd’hui, il est blanchi de tous les côtés. Pour Sarkozy, il a été acquitté des accusations de recels et faux listings. Concernant Clearstream, l’attaque en diffamation s’est heurtée à la Cour de cassation. On a jugé que son enquête était sérieuse, sincère et d’utilité publique. C’est d’ailleurs une avancée pour le journalisme car il y a jurisprudence."

S’indigner fortement
"De nos jours, il faut être malhonnête, tricheur et lécher le cul de ses patrons. Je caricature un peu mais la seule règle, c’est de gagner du pognon. Cette immoralité prime dans le gros business. On cherche à payer le moins d’impôts possible en se servant de paradis fiscaux. Ça me dégoute. C’est ce que dénonçait Denis Robert dans son enquête en s’attaquant aux banques. Les différentes nations semblent incapables de se défendre contre ça et manquent de volonté. Obama ou Hollande n’ont rien pu faire."

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