"Les Gardiens de la Galaxie", la critique : du fun, des aliens et des tubes

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BONNE SURPRISE – On frisait l'overdose de films inspirés de comic books... et puis "Les Gardiens de la Galaxie" est arrivé. C'est drôle, c'est beau, et plein de références à la culture pop. Du bonheur pour les geeks, mais pas seulement.

Sur un banc d'hôpital, un petit garçon, casque de walkman sur les oreilles, écoute "I'm Not in Love", le tube mythique de 10CC . Non, vous ne vous êtes pas trompés de séance : la scène d'ouverture des Gardiens de la Galaxie ne se déroule pas dans l'espace, ou sur une planète très lointaine. Mais c'est bien la seule. Ce flashback surprenant, et très touchant, raconte comme le jeune Peter Quill dit adieu à sa maman, en phase terminale... et à la Terre, lorsqu'il est enlevé par un vaisseau mystérieux.

D'un bon spatio-temporel, on retrouve notre héros avec quelques années de plus, la bouille de l'excellent Chris Pratt, et toujours la même playlist dans la tête. Sur un caillou cosmique abandonné, le garçon déjoue les pièges sur son passage, et zigouille une paire d'aliens au passage, afin de mettre la main sur une petite sphère protégée par une cloche. Evidemment il n'est pas tout seul... Et les catastrophes s'enchaînent pour le pauvre bougre. Le clin d'œil aux Aventuriers de l'Arche Perdue est évident. Ce n'est qu'un début...

Une bande de losers, aussi attachante qu'improbable

Avec Les Gardiens de la Galaxie, Marvel Studios exhume une bande de superhéros née à la fin des années 1960, sous la plume du scénariste Arnold Drake et du dessinateur Gene Colan. Sur le papier, Peter Quill et ses camarades sont bien moins connus que Captain America , Thor, Iron Man et consorts. Ce qui explique sans doute pourquoi ils n'avaient jamais eu droit à leur adaptation cinématographique jusqu'ici. D'où ce paradoxe merveilleux : à l'heure où l'overdose menace le fan le plus acharné du genre, voilà le petit chef d'œuvre qu'on n’attendait pas, ou plus.

Mis en scène par James Gunn, franc tireur qui débuta sa carrière aux côtés de Lloyd Kaufman, le patron de Trauma Entertainment, pape consacré de la série Z, Les Gardiens de la Galaxie insuffle un brin de folie dans l'univers très codifié du blockbuster. Et une bonne dose de référence à la pop culture, au risque de s'aliéner une partie des jeunes spectateurs. Pas grave : avec Peter Quill, la déesse verte Gamora, le géant dépressif Drax, le raton bavard Rocket et l'alien végétal Groot , on n'a pas le temps de s'ennuyer.

Bowie, 10 CC : une bande originale du tonnerre

Magie des effets spéciaux numériques, et talent des comédiens aussi, la réussite des Gardiens de la Galaxie réside d'abord dans ses personnages. Si les scènes d'action en mettent plein la vue, 3D oblige, c'est l'interaction entre ces idiots exotiques qui fait tout le sel de ce divertissement estival. Une bande de losers, aussi attachante qu'improbable, machine à répliques absurdes et gags loufoques en série comme lorsque Rocket demande à Peter Quill de voler la jambe artificielle d'un taulard en lui faisant croire qu'elle est indispensable à leur évasion... Allez, promis, on ne vous spoilera pas plus.

Si le scénario ne casse pas trois pattes à un canard (de l'espace), James Gunn et son équipe réussissent également à créer un univers visuel impressionnant, plein de surprises... et même de poésie, là où la plupart des productions Marvel tendent à délaisser le second plan pour se focaliser sur le cœur de l'action. Soyez attentifs, guettez chaque recoin de l'écran, revoyez le film plusieurs fois si nécessaires : Les Gardiens de la Galaxie renferment plein de petits détails inattendus, aussi futiles qu'indispensables.

Et puis il y a la BO. Franchement qui espérait entendre "Moonage Daydream" de David Bowie dans un film de science-fiction grand public en 2014 ? Ou qu'un réalisateur oserait dégainer la pépite "Hooked on a Feeling", de Blue Swede , dans un instant crucial de l'intrigue ? Fan de rock, et de pop culture au sens large, James Gunn s'est fait plaisir, c'est certain. Et pourrait bien séduire du même coup les papas et les mamans que leurs enfants auront traîné au cinéma pour voir "le film avec le raton laveur qui parle avec la voix de Bradley Cooper". Classe, non ?

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