"Les Heures Sombres", notre avis : un portrait iconoclaste et passionnant

"Les Heures Sombres", notre avis : un portrait iconoclaste et passionnant

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ON AIME – Vous détestez les biopic conventionnels ? Alors courrez-voir "Les Heures Sombres" ! En croquant Winston Churchill dans un moment crucial de l’Histoire, Joe Wright raconte les failles d’un mythe vivant avec un mélange d'élégance et d’humour so british. Gary Oldman y est juste exceptionnel.

Bonjour le cadeau empoisonné. Lorsque Winston Churchill accède au poste de Premier ministre, en mai 1940, après la démission du résigné Chamberlain, ce vétéran de la politique britannique sait bien qu’il a hérité du pire des scénarios. Le Parlement est divisé, les soldats de sa Majesté sont massacrés sur les plages de Normandie et le spectre d’une invasion allemande se fait chaque jour plus menaçant. Les Heures Sombres raconte ce moment inédit dans l’Histoire de l’Europe, lorsqu’une poignée d’hommes en costumes, enfermés dans des bureaux enfumés, tiennent entre leurs mains le sort de millions de citoyens. 


Ce sont ces instants cruciaux que filme Joe Wright avec une précision raffinée et un sens de la tragédie magnifié par la performance de Gary Odman. De leur propre aveu, ni l’un ni l’autre n’y serait parvenu sans le travail stupéfiant du plasticien japonais Kazuhiro Tsuji. Le résultat est tellement bluffant qu’après le choc initial, on oublierait presque le vrai visage du comédien. Mais ce trucage incroyable est tout sauf un gimmick pour amuser la galerie. C’est, au contraire, le masque plus vrai que nature qui lui permet de donner vie à un homme forcément plus complexe que ne le veut la légende.

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Gary Oldman dans la peau de Churchill : "Au début j'ai dit non !"

Dans Les Heures Sombres, Churchill est d’abord présenté comme un être hésitant, fatigué, en proie à d’imprévisibles crises d’angoisse, en dépit de la tendresse prodigué par Clementine (Kristin Scott-Thomas), sa compagne. La situation dramatique à laquelle il est confronté, l’adversité au sein de son propre camp et la défiance initiale du Roi George VI (Ben Mendelsohn) vont curieusement décupler son acuité et sa faculté à gouverner. Sa botte secrète ? Sa capacité à manier le verbe et les mots, culminant dans la rédaction d’un discours qui fera basculer à jamais le cours de la Seconde Guerre mondiale.

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Joe Wright : "Je n'ai pas vu le vrai Gary Oldman pendant trois mois"

Le film de Joe Wright offre un contre-champ savoureux au Dunkerque de Christopher Nolan, sorti l’été dernier. Aucune séquence d’action spectaculaire, hormis une poignée de plans aériens. Ici le suspense se déroule entre les hauts murs du Parlement, l’intimité d’une chambre à coucher ou la carlingue usée du métro londonien, théâtre d’une virée impromptue au cours de laquelle Churchill vient flairer l’humeur d’un peuple inquiet, mais résolu à combattre l’ennemi jusqu'au bout. Une parenthèse surréaliste au cœur d’un film historique qui, comme son principal sujet, ne manque pas de caractère.


>> Les Heures Sombres de Joe Wright. Avec Gary Oldman, Kristin Scott-Thomas, Ben Mendelsohn.

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