"Les Indestructibles 2", la critique : une suite grisante et bien dans l’air du temps

DirectLCI
ON ADORE – En salles mercredi, "Les Indestructibles 2" orchestre le retour de Bob, Helen et leurs enfants superhéros pour de nouvelles aventures aussi spectaculaires qu’astucieuses. Du grand spectacle, et un peu plus encore.

"Les Indestructibles" ? Un Pixar pas tout à fait comme les autres, fruit de l’imagination nostalgique du réalisateur Brad Bird. Depuis sa sortie, en 2004, le film qui mettait en scène le quotidien compliqué d’une famille de superhéros frustrés et leurs bambins rebelles est devenu l’un des plus appréciés des fans du studio star de l’animation américaine. La suite est enfin là. Et on vous l’assure, elle a tout pour plaire…

Parce que c’est une suite plus attendue que les autres

14 ans. C’est le temps qu’il a fallu pour que la famille Parr revienne secouer les écrans de cinéma. Une éternité à Hollywood où les producteurs sont toujours prompts à dégainer les suites souvent dispensables. Sauf que Brad Bird est un réalisateur exigeant avec lui-même, comme avec ses collaborateurs. Novice en matière d’animation 3D, il donnera des sueurs froides aux magiciens de Pixar lors de la création du premier volet en 2004, ses idées toujours plus spectaculaires les obligeant à repousser leurs limites. Après avoir enchaîné avec "Ratatouille", en 2007, le cinéaste décide de travailler avec des comédiens en chair et en os.


Pour le meilleur avec "Mission Impossible 4" (Tom Cruise escaladant la Burj Khalifa à mains nues, c’est lui !) et pour le pire avec "A la poursuite de demain", énorme flop au box-office malgré George Clooney au générique.  C’est en avril 2015 qu’il entame l’écriture des nouvelles aventures de Bob, Helen et leurs enfants superhéros. Trois ans de dur labeur plus tard, "Les Indestructibles 2" sort ce mercredi en France après avoir réalisé le meilleur démarrage de l’histoire pour un film d’animation aux Etats-Unis, avec 180 millions de dollars en un week-end. Ça valait la peine de prendre son temps…

Parce que c’est un film qui parle à toute la famille

On a coutume de dire que les productions Disney-Pixar s’adressent autant aux adultes qu’à leurs enfants, sinon plus. Les Indestructibles et sa suite en sont l’incarnation parfaite. Le premier film était né des frustrations de Brad Bird, alors quadra angoissé à l’idée de sacrifier sa vie de famille au profit de sa carrière professionnelle. Dans le second volet, Bob Parr, alias Mr Indestructible, se retrouve propulsé père au foyer pendant que sa compagne Helen, aka. Elastigirl, lutte contre le crime avec le soutien d’un magnat des télécommunications qui entend exploiter son image rassurante pour rallier les hommes politiques à la cause des superhéros. Vous suivez ? 


A sa manière ludique mais jamais gonflante, Les Indestructibles 2  puise dans les grands sujets de société du moment le sel de son intrigue à tiroirs. Patriarche triomphant à l’issue du premier volet, Bob se retrouve totalement désemparé face aux tourments adolescents de Violette et aux accès d’insolence de son frère Flèche. Sans parler du bébé Jack-Jack, incapable de contrôler ses superpouvoirs naissants… De son côté Helen se retrouve entraînée dans une spirale médiatique qui annihile tout esprit critique et surfe sur notre fascination pour des nouvelles technologies sans cesse plus stupéfiantes.

Parce que c’est un spectacle de tous les instants

Nostalgique, Brad Bird avait imaginé le premier film en 2D, inspiré par l’esthétique old school des comics de son enfance, avant que le grand manitou de Pixar John Lasseter le convertisse aux superpouvoirs de la 3D. Comme chaque nouveau bébé de l’usine à rêves d’Emeryville, "Les Indestructibles 2" dévoile de nouveaux trésors d'animation. Les décors sont toujours plus beaux, plus grands et plus sophistiqués – mention spéciale à l'incroyable maison d’architecte où s’installe à la famille Parr. Surtout les personnages s’y déplacent avec une élégance et une vitesse souvent grisante, à l’image de cette prodigieuse séquence où Elastigirl tente d’enrayer la course folle d’un train lancé à toute allure entre les buildings rutilants de Metro City. 


Vissé dans son fauteuil de ciné comme dans le wagon d’un grand huit, le spectateur en prend plein les yeux et les oreilles, sans que les personnages ne perdent de leur folle singularité à l'image de l'irrésistible styliste Edna Mode. Et puis difficile de ne pas hurler de rire à chaque apparition de Jack-Jack, le bébé le plus imprévisible – et destructeur – depuis que les superhéros sont parmi nous. Les Avengers n’ont qu’à bien se tenir…

>> "Les Indestructibles 2" de Brad Bird. Avec les voix françaises de Gérard Lanvin, Louane, Amanda Lear...

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter