"Les Sorcières de Zugarramurdi" mènent la danse

"Les Sorcières de Zugarramurdi" mènent la danse

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FANTASTIQUE - Dans "Les Sorcières de Zugarramurdi", le cinéaste espagnol Álex de la Iglesia sert de la comédie d'épouvante pour critiquer le fanatisme et saluer le féminisme. Metronews a rencontré ce personnage singulier du septième art ibérique.

"Je réalise des films pour échapper à la réalité !", confie Álex de la Iglesia. Installé dans les salons d’un hôtel de la Place des Vosges, le cinéaste espagnol, 48 ans, dessine (superbement) tout en répondant aux questions. Repérable à son look grunge et ses délires geek, l’intéressé peut se targuer d’être un poids lourd du box-office ibérique. Comme en attestent les résultats de son nouveau délire cinématographique, Les Sorcières de Zugarramurdi, deuxième plus gros succès sur le sol espagnol en 2013. "Pour faire ce métier, il faut être fou, reconnaît-il avec un sourire en coin. Je suis le bouffon qui doit faire rire la cours".

Girl power !

Après Un jour de chance et Balada Triste, de la Iglesia pose donc sa caméra à Zugarramurdi, un village de 200 âmes situé non loin de Bayonne. La particularité des lieux ? Avoir accueilli l’inquisition au XVIIe siècle et vu quelques-uns de ses habitants mourir sur le bûcher. "C’est un peu comme Salem, précise-t-il. Il s’agit de l’un des endroits les plus étranges d’Europe". C’est là que débarquent, après un casse, un père divorcé accompagné de son fils et de son complice, ainsi que d’un chauffeur de taxi fraîchement réquisitionné pour fuir vers la frontière française. Manque de bol, des sorcières bien décidées à se venger de la gent masculine les prennent en otage.

"Ces personnages atterrissent dans un monde où les femmes sont des hommes, s’amuse-t-il. Elles ont le pouvoir. Pour que les héros trouvent leur bonheur, il leur faut s’abandonner aux sorcières et renoncer au monde d’aujourd’hui". Verdict ? Comédie d’épouvante, cette œuvre, bien que bordélique, épingle salutairement le fanatisme environnant tout en arborant la cause féministe. De la Iglesia a définitivement raison d’être fou... Son cinéma bouscule les normes avec pétulance. 
 

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