"Louise en hiver" : de glaçant, ce merveilleux film d’animation n’a que son titre

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COUP DE COEUR – Jean- François Laguionie, réalisateur de "L’île de Black Mor", "Le château des singes" et "Le tableau", réalise son cinquième long-métrage, "Louise en hiver", très remarqué lors du dernier Festival du film d’animation d’Annecy. Le cinéaste a rencontré LCI pour évoquer cette merveilleaux accents autobiographiques et aux notes poétiques.

Comment gère-t-on la solitude quand le troisième âge survient ? Pourquoi se sent-on parfois abandonné à la fin de sa vie ? Les rêves et les souvenirs ne sont-ils pas le meilleur remède à la vieillesse ? A 77 ans, le réalisateur Jean-François Laguionie place ces questions au cœur de son nouveau dessin animé, Louise en hiver. "J’ai l’âge du personnage et le temps qui passe est un grand mystère pour moi", confie-t-il à LCI. "Je me demande encore ce qui m’arrive. Mais comme Louise, je ne me laisse pas abattre."

S’il est empreint d’une certaine nostalgie, je ne crois pas que "Louise en hiver" soit tristeLe réalisateur Jean-François Laguionie

Son héroïne aurait pourtant toutes les raisons de sombrer : ayant manqué le dernier train de l’été pouvant la ramener chez elle, elle se retrouve seule dans une station balnéaire déserte. Mais pas question de mourir à petit feu : combattive, l’aïeule défie les pronostics, affronte ses peurs et se réfugie dans ses souvenirs pour survivre à la rudesse hivernale. "J’ai fait ce film en hommage à ma mère", explique le cinéaste. "Louise lui ressemble : elle a sa force de caractère. Ce film est sans doute le plus intime de ma carrière, parce qu’il se nourrit aussi de mes souvenirs d’enfance dans les villas de bord de mer en Normandie. Mais s’il est empreint d’une certaine nostalgie, je ne crois pas que Louise en hiver soit triste."


En effet, son personnage, petit bout de femme courageux, insuffle optimisme et drôlerie à son aventure en solo. Au point de séduire le jeune public ? Peut-être pas mais l’animation n’a pas vocation à s’adresser uniquement aux enfants et la poésie narrative et visuelle de ce long-métrage pastel devrait conquérir le cœur des adultes. "Je voulais revenir à un style simple, épuré, dépouillé, pour donner de l’espace à mon personnage. Quant au grain du papier visible à l’image, il apporte une vibration, une sensualité. On s’écarte alors de ce qui est lisse, de la 3D, des choses froides." De glaçant, Louise en hiver n’a en effet que son titre.

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