"Ma ma" Mia, mais que fait Penelope Cruz dans cette galère ?

CINÉMA
GUIMAUVE – La star espagnole produit et tient le premier rôle d’un mélo sur une femme atteinte d’un cancer du sein. Hélas, "Ma Ma" tombe dans tous les pièges du genre. Pire, il en invente ! Explications.

La maladie est un sujet casse-gueule qui nécessite une grande subtilité d’écriture. Mais force est de constater que la finesse n’est pas la principale qualité du réalisateur et scénariste Julio Medem (Les amants du cercle polaire, Lucia et le sexe).

Des crabes pour rappeler le cancer...

Dans Ma Ma, le cinéaste n’épargne rien à Penelope Cruz. La comédienne se glisse ici sous la perruque de Magda, instit quadragénaire atteinte d’un cancer du sein contre lequel elle décide de se battre pour son fils de 10 ans et le nouvel homme de sa vie dont elle est tombée enceinte. Mais, dès les premières minutes, ça sent le roussi pour cette mère courage, victime d’une symbolique sur-signifiante.

L’héroïne croisera ainsi des crabes à la plage pour lui rappeler qu’elle a le cancer avant de se raser le crâne dignement et d’enregistrer une vidéo pour sa fille à naître qu’elle ne verra peut-être jamais. Lourdingue et beaucoup trop vu au cinéma pour être impactant.

Mais ce n’est rien face au ridicule de certains plans "anatomiques". Magda fait l’amour : le réalisateur filme son cœur de l’intérieur en train de battre  parce qu’elle revit). Magda accouche : la caméra suit les mains du gynéco dans l’utérus de madame (parce que c’est beau la vie).

Et pourtant elle fait ce qu'elle peut...

Difficile de comprendre ce parti pris esthétiquement douteux, tout autant que les incohérences du scénario et la caractérisation des personnages, du gynéco crooner à ses heures perdues (mémorable séquence de chanson kitsch) au gamin de 10 ans trop couillon pour comprendre que maman est enceinte malgré son ventre arrondi. Et que dire de Penelope Cruz, toujours belle et fringante malgré la saleté qui la ronge...

Devant toutes ces invraisemblances, ces poncifs et un dénouement des plus absurdes, impossible d’être en empathie avec cette mama dont la situation et le tempérament de battante auraient pourtant dû inviter à la compassion et au respect. Raté. Dans les grandes largeurs.

A LIRE AUSSI
>> Grimsby : l'autre mauvais choix de Penelope Cruz
>> Ben Stiller, très tactile avec Penelope Cruz dans Zoolander 2

Lire et commenter