"Man of Tai Chi" : Keanu Reeves, inexpert en arts martiaux

"Man of Tai Chi" : Keanu Reeves, inexpert en arts martiaux

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CRITIQUE - Avec "Man of Tai Chi", Keanu Reeves fait ses débuts en tant que réalisateur... et méchant de cinéma ! L'acteur y incarne en effet un millionnaire qui organise des combats ultra violents.

Slalomer entre les voitures, tel est le quotidien de Tiger (Tiger Hu Chen), un livreur casse-cou de Hong Kong rompu aux embouteillages. Parallèlement à son métier, le jeune homme n'hésite pas à rendre visite à son maître de Tai Chi, le temps d'effectuer quelques jolies prises. Redoutable combattant, Tiger est bientôt recruté par un homme d'affaires richissime, qu'incarne à l'écran Keanu Reeves. Ce dernier, adepte de costumes sombres et de mous improbables, a fait fortune en organisant pour ses clients nantis des combats sanglants et très bien payés. De quoi contenter leur appétence pour la mort, le sang et le sordide.

Premier film en tant que réalisateur

Trois semaines après la sortie de 47 Ronin, Keanu Reeves pose de nouveau ses valises sur le continent asiatique. Mais cette fois, avec une toute nouvelle casquette. Pour les besoins de Man of tai Chi, la star hollywoodienne se glisse en effet pour la toute première fois de sa carrière de l'autre côté de la caméra. Féru d'arts martiaux, l'acteur saute ainsi le pas avec une œuvre entièrement dédiée à la castagne. Et s'il semble prendre un réel plaisir en dirigeant et en prêtant ses traits au méchant (fait inédit dans sa filmographie), l'intéressé peine à faire décoller une intrigue inexistante.

Pourtant, la dualité du héros, tiraillé entre un désir de violence révélé par son recruteur et la sagesse du Tai Chi inculquée par son maître, n'était pas pour nous déplaire. Hélas, force est de constater que le point de vue psychologique du personnage est abordée avec une absence totale de finesse. Bien loin des récentes prouesses de Gareth Evans avec The Raid, Reeves sacrifie par ailleurs ses nombreux combats, pourtant joliment chorégraphiés par Yuen Woo-ping (Matrix, Kill Bill...). La faute à une mise en scène passive et peu inventive. Dommage. 

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