Manu Payet dans "Tout pour être heureux": "J'avais du mal à croire en moi en papa"

CINÉMA

INTERVIEW – A 40 ans, l’humoriste trouve son meilleur rôle au cinéma depuis "Radiostars" dans "Tout pour être heureux", une chronique familiale de Cyril Gelblat dans laquelle il apprend à devenir papa.

Vous n’êtes pas papa dans la vie. Pourquoi cette histoire vous a-t-elle touché ?
Quand je l’ai lue, j’ai beaucoup pensé à mon père que j’ai perdu il y a 8 ans. J’ai pu comprendre, même atténuer, les petits reproches que je pouvais avoir à son égard.  Quand j’étais gamin, ma mère est partie poursuivre ses études à Angers et mon père s’est occupé de nous tout seul pendant un an. Il ne faisait pas les choses avec la même délicatesse que ma mère et ça m'énervait parfois. Je ne me rendais alors pas compte qu'être parent était un emploi à plein temps, un CDI qu'on signait pour la vie.

Le film est adapté du roman autobiographique du journaliste Xavier de Moulins, Un coup à prendre. Ca vous fait quoi de l’incarner ? 
Je suis hyper flatté : il est quand même vachement beau ce mec, non ? Le film a d’ailleurs fait du bien à mon ego à bien des égards. J’ai touché du doigt un rêve de gosse : être une rock star ! Pour les scènes de batterie, c’est vraiment moi qui joue. C’est ma grande fierté.

Jouer un papa, c’est aussi une fierté ? 
J’avais peur. J’aimais tellement le scénario que je ne voulais pas "risquer de l’abîmer". Je voulais être un Antoine digne de ce qu’on raconte mais j’avais du mal à croire en moi en papa. Mais Cyril m’a rassuré : s’il m’a demandé d’être Antoine, ce n’est pas hasard. Cette histoire est justement celle d’un mec qui ne sait pas être père mais qui apprend.

Dans ce film comme dans le vôtre, Situation amoureuse, c’est compliqué, il est question d’un mec qui fout tout en l’air du jour au lendemain.
Antoine, c’est le prolongement du Ben de mon film, et le reflet de notre époque. Les mecs d’aujourd’hui sont d’éternels insatisfaits. On croit que l’herbe est plus verte ailleurs, on a du mal à prendre une décision et à s’y tenir, et on peut tout plaquer pour une connerie. En fait, on est des gros couillons ! 

Vous avez déjà eu envie de tout plaquer ?
Oui et je l’ai fait quand j’ai accepté Un début prometteur, le film d’Emma Luchini. J’ai pris un gros virage, je suis allé dans un registre où personne ne m’attendait. Et, aujourd’hui, je fais le film de Cyril... Je commence à me dire que j’ai tout pour être heureux dans mon métier.

Réaliserez-vous à nouveau ?
Je suis en train d’écrire, ça s’appellera Budapest. C’est l’histoire vraie de deux mecs qui ont monté la première boite d’organisation d’enterrement de vie de garçon en France. Je viens aussi de tourner Damoclès, un unitaire pour Arte inspiré d’une nouvelle d’Oscar Wilde. Manu Payet sur Arte, vous imaginez ? ! (rires).

Ca parle de quoi ?
Encore d’un mec qui a du mal à s’engager... Il faut croire que j’ai un problème avec ça.

 

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