Manu Payet : "Réalisateur ? J'ai flippé ma tête !"

Manu Payet : "Réalisateur ? J'ai flippé ma tête !"

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INTERVIEW - Avec "Situation amoureuse : c'est compliqué", Manu Payet passe pour la première fois derrière la caméra. Il y incarne un trentenaire attachant tiraillé entre sa future femme et son amour platonique du lycée.

Assumez-vous le caractère romantique de Situation amoureuse : c'est compliqué  ?
Totalement, mais alors to-ta-le-ment ! En revanche, quand on a commencé à écrire, je parlais plutôt d'une comédie avec un peu d'amour parce j'ai énormément de respect pour les comédies romantiques. Je voulais aborder ce genre sans en détourner les codes. Il fallait que le mec court vers sa meuf, qu'ils s'engueulent, qu'ils pleurent... comme au cinéma, quoi ! J'avais envie de reproduire ce qui me faisait kiffer à l'époque où j'ai découvert Can't buy me love (avec Patrick Dempsey, ndlr). Quand j'ai vu ce film, je voulais être amoureux. J'ai toujours été fleur bleue.

C'est votre premier film en tant que réalisateur. Est-ce un risque consentant ?
J'ai flippé ma tête. C'est normal. Mais quand je me suis rendu compte que tous les mecs avaient eu le même délire à propos de la bombe de leur lycée, ça m'a aidé à sauter le pas. Au début, ça me soulait de passer pour celui qui est resté kéblo sur une meuf d'avant.

"Je me suis fait cramper, mais de manière très sympa"

Le héros que vous incarnez est sur le point de se marier quand surgit justement son amour platonique d'enfance... Quel était le vôtre à l'époque ?
Ma bombe du lycée s'appelait Vanessa. Avec elle, je me suis fait cramper, mais de manière très sympa. Du genre : "Tu te rends compte de ce que tu es en train de me demander là ?". (rires) Mon approche, c'était le refrain de Pas toi de Jean-Jacques Goldman. J'étais en 5ème et j'ai écrit les paroles de cette chanson dans son agenda. Figurez-vous que je l'ai croisée un an avant de commencer le scénar.

Qui est Ben, votre personnage ?
Ce n'est pas le blond de Gad Elmaleh (rires). Ce n'est ni un salaud ni un mec qui va se barrer. Il veut juste prendre une revanche sur le passé et souhaite que la meuf qu'il aimait le calcule enfin.

"La scène m'a transmis le sens de la punchline"

Votre film aborde le tournant de la trentaine et la pression liée au mariage. L'avez-vous déjà ressentie ?
Non... De façon générale, j'ai fait les choses contre l'avis de mes parents. J'ai toujours été un petit voyou gentil. Cette attitude visait d'une certaine manière à accélérer ma vie. Comme Ben dans le film. Il se rend compte qu'il a 32 piges. Et il fait son délire autour du mariage en se disant que cette étape le rendra plus adulte. (Réflexion) Quoi qu'il en soit, se marier c'est quand même plus cool que des gars qui se lancent des trucs dans la gueule (rires).

L'expérience de la scène et de la radio vous a-t-elle aidé pour ce film ?
Oui, bien sûr... La scène m'a transmis le sens de la punchline. Dans une comédie, tout est une question de rythme. Là en plus, j'ai pu vraiment découvrir tout le procédé de création d'une œuvre. La grande surprise, c'est que le résultat plait beaucoup aux filles. Je pensais avoir fait un truc de gars.

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