"Marguerite et Julien" : il était une fois un ratage intégral

"Marguerite et Julien" : il était une fois un ratage intégral

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MALAISE – Mais quelle mouche l'a piquée ? Avec Marguerite et Julien, inspiré d'un scénario destiné à François Truffaut, le réalisatrice Valérie Donzelli signe long-métrage prétentieux et souvent grotesque.

Sur le papier, Marguerite et Julien avait tout pour plaire : l’irréprochable Anaïs Demoustier pour héroïne, un scénario adapté d’un texte écrit à l’origine par Jean Gruault pour François Truffaut et une réalisatrice qui avait provoqué l’électrochoc général avec La guerre est déclarée en 2011. Tant de promesses qui en faisaient oublier le navrant Main dans la main avec Valérie Lemercier. A tort, car c’est bel et bien vers la négative que penche cette fois encore la balance.

Valérie Donzelli, co-scénariste avec son acteur Jérémie Elkaïm, adapte ici un célèbre fait divers normand du 17e siècle : l’histoire d’amour incestueuse entre Marguerite et Julien Ravalet, frère et sœur qui, malgré les nombreuses tentatives pour les séparer, s’aimeront toute leur vie. Empruntant (très largement) au Peau D’âne de Demy et à Jean Cocteau, la réalisatrice prend le parti de faire de cette histoire en marge un conte moderne, hors du temps et des conventions.

Poseur et boursouflé

Hélas, elle aura eu les yeux plus gros que le ventre : ses anachronismes ne sont que de pâles copies du maître Jacques et ses effets de style piqués agacent (arrêts sur image, B.O moderne, scènes photographiques ... ). Le jeu des comédiens est malheureusement en adéquation avec la mise en scène : poseur et boursouflé. Jérémie Elkaïm a le charisme d’un petit pois et Anaïs Demoustier, à laquelle on aimerait pourtant tout pardonner, roule et écarquille les yeux, faute d’avoir un vrai texte à défendre.

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Côté scénario, le verdict est en effet tout aussi accablant : les personnages sont caricaturaux et peu attachants, le souffle romanesque inexistant et la question morale de l’inceste à peine posée (et Esther Garrel d’envoyer du rêve à des gamines en leur racontant cette love story amorale). Et que dire des dialogues, ridicules, comme lorsque Marguerite lance enfin (et tardivement) à son frérot après une séance de galipettes dans la boue : "Mais si on a des enfants, tu seras à la fois leur père et leur oncle... Oh, mais c’est grave." En effet.

Mais moins que ce long-métrage qui s’achève en apothéose : dans une séquence finale lorgnant cette fois sur le Tree of life de Terrence Malick, Marguerite et Julien se déclarent leur amour éternel en voix off sur des images National Geographic d'une nature en éveil. Risible comme, malheureusement, l’ensemble de ce ratage intégral.
 

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