Mathias Malzieu : "Je fantasmais sur un film d'animation"

Mathias Malzieu : "Je fantasmais sur un film d'animation"

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RENCONTRE - Le leader du groupe Dionysos coréalise avec Stéphane Berla le film d’animation, "Jack et la Mécanique du cœur", adapté de son roman et album. Il raconte à Metronews ces six ans de travail animé(s) et son amour du cinéma.

Quand l’envie d’adapter La Mécanique du coeur est-elle née ?
Dès l’écriture de mon livre, je fantasmais sur un film d’animation. C’était un jeu pour moi : ça me stimulait de me transposer réalisateur, de visualiser des scènes ! J’ai ensuite réalisé le casting vocal de l’album La Mécanique du cœur avec cette même approche. Et quand Stéphane Berla a signé le clip de Neige pour Dionysos, nous avons eu le rêve commun de réaliser un jour ce film ensemble.

Comment est-ce devenu concret ?
Lorsque le groupe a été invité au "Grand Journal" de Canal + en même temps que Luc Besson. J’ai raconté mes histoires et mes envies de cinéma et, par chance, Luc et sa femme Virginie, qui est coproductrice du film, ont un coup de cœur.

La ressemblance physique entre les voix et les personnages est-elle volontaire ?
Les interprètes ont servi de point d’appui pour la dessinatrice Nicoletta Ceccoli. Mais comme je ne voulais pas de clones animés, j’ai aussi glissé d’autres pistes : Betty Boop et Betty Page pour Miss Acacia (Olivia Ruiz), Robert Mitchum dans La nuit du chasseur et Albator pour Joe (Grand Corps Malade...)...

"Le cousinat avec Tim Burton est inévitable"

La filiation avec Tim Burton, c’est conscient ?
Je suis fan et c’est un cousinat inévitable lorsque votre héros est un "monstre" romantique. Mais nous ne voulions surtout pas faire du sous-Burton et nous avons trouvé notre propre grammaire. Nos personnages "porcelaine" ont par exemple des traits plus humains, plus doux que ses créatures. Et nous avons bien d’autres références : Terry Gilliam, Méliès, Spike Jonze, Wes Anderson, Jim Jarmusch...

Le film évoque des sujets lourds et ose une partition différente des produits Disney ou Dreamworks... Vous l’avez pensé comme un conte pour adultes ?
L’art que j’aime est décloisonnant : on ne voulait pas exclure les adultes en réalisant un produit prédigéré pour les enfants. Il est possible de parler au jeune public sans être dans la régression et de s’adresser aux parents sans faire un film d’auteur. Je voulais simplement faire un vrai film de cinéma transgénérationnel avec les possibilités poétiques qu’offrent les outils de l’animation.

A quand un film en live ?
Je rêve d’adapter mon premier bouquin, Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, avec Stéphane Berla. C’est la "suite" de La Mécanique : 100 ans plus tard, Jack est devenu un géant de 4m50 qui aide les gens en deuil.

Et un nouvel album avec Dionysos ?
On en a envie mais, avant, il faut digérer ce film : la joie comme la fatigue.

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