Mel Gibson : "Tu ne tueras point" marque son grand retour

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CRITIQUE. Revenu des enfers de "Apocalypto", Mel Gibson illustre sa définition de l'héroïsme dans "Tu ne tueras point", en salles ce mercredi, en racontant avec une incroyable efficacité l'histoire vraie de Desmond T. Doss, premier objecteur de conscience à recevoir la médaille d'honneur de l'armée américaine pour avoir sauvé plusieurs soldats lors de la bataille d'Okinawa. La rumeur disait vrai: Mel Gibson fait son grand retour.

En pleine Seconde Guerre mondiale. Desmond (Andrew Garfield), un jeune américain, est confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il veut servir son pays, mais la violence est incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’oppose ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engage tout de même dans l’infanterie comme médecin. 


Son refus d’infléchir ses convictions lui vaut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il réussit à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés. 


Quand Mel Gibson livre une nouvelle version de l’apocalypse, cela donne Tu ne tueras point, présenté en grande pompe à la dernière Mostra de Venise et accueilli sous les hourrahs extatiques. Pour la presse, pas de doute, c'est le grand retour du réalisateur de La Passion du Christ, dix ans après son impressionnant Apocalypto, fresque sur l'empire maya avant sa conquête par les Espagnols où il réinventait avec une caméra numérique ultralégère une forme de cinéma viscéral voire primitif. 

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Tu ne tueras point : extrait exclusif avec Andrew Garfield et Vince Vaughn

L'inoubliable héros de la saga Mad Max veut rendre hommage et honorer les soldats à travers l'incroyable destin de Desmond Doss (1919-2006), caporal de l'US Army pendant la Seconde Guerre mondiale, décoré de la médaille de l'honneur de l'armée des Etats-Unis alors qu'il était objecteur de conscience et ne portait jamais d'arme. Au cours de la bataille d'Okinawa, sur l'imprenable falaise de Maeda, il sauva des dizaines de vies, seul sous le feu de l'ennemi, en ramenant un à un les blessés du champ de bataille.


Au prime abord, Tu ne tueras point peut se voir comme une réponse au fameux diptyque de Clint Eastwood (Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima) racontant la bataille d'Iwo Jima respectivement du point de vue américain et japonais. Mais il est moins question d'être didactique que émotionnel, voire tripal. 


Ainsi, le film de Mel Gibson joue sur la sensation et glace l'échine pour raconter l'histoire d'un homme menant son propre combat au milieu d'un enfer sur terre et qui, armé de sa seule foi, accomplit des choses extraordinaires. 


Bien sûr, Mel Gibson y poursuit son travail sur la spiritualité dix ans après Apocalypto et douze ans après La Passion du  Christ. Mais avec ce film, remarquablement mis en scène et bien moins polémique que les précédents, il pourrait retrouver grâce à Hollywood, comme à la grande époque de Braveheart (1995). A plus forte raison dans une industrie actuelle, de plus en plus phagocytée par le politiquement correct et les productions policées. Ce serait amplement mérité. 

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