Mel Gibson : "Tu ne tueras point", son film du retour

Mel Gibson : "Tu ne tueras point", son film du retour
CINÉMA
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PREVIEW. Dix ans après le fascinant "Apocalypto", Mel Gibson réalisateur est de retour avec "Tu ne tueras point", narrant l'histoire vraie de Desmond T. Doss, premier objecteur de conscience à recevoir la médaille d'honneur de l'armée américaine pour avoir sauvé plusieurs soldats lors de la bataille d'Okinawa. En salles le 9 novembre.

En pleine Seconde Guerre mondiale. Desmond (Andrew Garfield), un jeune américain, est confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il veut servir son pays, mais la violence est incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’oppose ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engage tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui vaut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il réussit à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés. 


Quand Mel Gibson livre une nouvelle version de l’apocalypse, cela donne Tu ne tueras point, présenté sous les hourrahs à la dernière Mostra de Venise et en salles le 9 novembre prochain. Au prime abord, le film peut se voir comme une réponse au fameux diptyque de Clint Eastwood (Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima) racontant la bataille d'Iwo Jima respectivement du point de vue américain et japonais. Outre Andrew Garfield dans le lead rôle, la distribution de Tu ne tueras point rassemble Hugo Weaving, Sam Worthington, Vince Vaughn, Teresa Palmer ou encore Luke Bracey. 

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Tu ne tueras point : la bande-annonce du film de Mel Gibson

Du cinéma tripal à Hollywood

Avant de vous dire si oui ou non la résurrection de Mad Mel cinéaste constitue une bonne nouvelle et donc un motif de réjouissance, petit flashback sur les précédents longs métrages réalisés par la star qui a commencé à passer derrière la caméra. Soit au mitan des années 90, au moment où l'acteur délaisse les super-productions l'ayant rendu célèbre (L'arme fatale, entre autres) au profit de projets confidentiels comme Hamlet de Franco Zeffirelli. A cette période, il créé sa société Icon Productions avec son associé Bruce Davey, afin de produire des petits films comme Forever Young et L'Homme sans visage, son premier film en tant que réalisateur. En 1995, Mel réalisateur signe l’ambitieux Braveheart, dans lequel il joue également le révolutionnaire écossais William Wallace. Ce grand succès public et critique relance les films épiques dans le cinéma hollywoodien et permet à Mel Gibson de remporter l'Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur, ainsi que le Golden Globe du meilleur réalisateur. 


Huit ans plus tard, Mel Gibson prend un risque inouï en signant la très controversée Passion du Christ, péplum Biblique expiatoire interprété en araméen, plus proche du sketch des Inconnus que de Pasolini, dont les critiques pointent du doigt le caractère illuminé, l’insoutenable violence et le message supposé antisémite. Cela n’en reste pas moins un succès colossal en salles qui l’autorise à filmer le passionnant Apocalypto (2006), une fresque sur l'empire maya avant sa conquête par les Espagnols, dont les dialogues sont écrits et déclamés dans un dialecte maya : le Yucatèque. Sans en avoir l’air, il réinvente avec une caméra numérique ultralégère une forme de cinéma viscéral voire primitif. L’hallucinante virtuosité de la mise en scène, la singularité du projet et surtout les visions rappellent à quel point Mel Gibson cinéaste, et l’on dit bien cinéaste, a un talent hors norme. 


Tu ne tueras point devrait confirmer cette appétence pour les paris gonflés et sauvages, à une heure où Hollywood lisse à l’extrême ses productions. 

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Tu ne tueras point de Mel Gibson : making of exclusif

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