Michel Galabru : le comédien nous quittait il y a un an...

CINÉMA
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HOMMAGE - L'an dernier, le 4 janvier 2016, le comédien Michel Galabru décédait à Paris "dans son sommeil", à l'âge de 93 ans. Retour sur la carrière d'un grand monsieur du cinéma français à travers les dix films essentiels de sa filmographie colossale.

Césarisé pour son rôle dans Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, à l'affiche de plus de 200 films depuis le début de sa carrière, Michel Galabru était considéré comme un monument du cinéma français. Modeste, il se décrivait plutôt comme ouvrier du théâtre.

Dans une interview donnée en 2008 à L'Express, il confiait: "La connerie humaine me désole. On fabrique des armes de plus en plus perfectionnées, on tue de plus en plus, la calotte glaciaire disparaît, le monde s'effondre... D'un côté, je suis franchement inquiet pour mes petits-enfants. De l'autre, je ne suis pas mécontent de bientôt disparaître, pour ne pas voir les catastrophes à venir."

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Galabru, monument français du théâtre et du cinéma

LE GENDARME DE SAINT-TROPEZ (Jean Girault, 1964)

Sa carrière évidemment très marquée par son rôle de gendarme aux côtés de Louis de Funès, Michel Galabru ne cachait avoir accepté de jouer dans certains nanars comme Adam et Eve pour subvenir à ses besoins. Une chose qu'il ne regrette pas : "Je les ai fait parce que j'avais besoin de travailler. Je tourne dans ce qu'on me donne. Donnez-moi quelque chose de mieux, je le ferai"

Il en disait : "Après Le Gendarme de Saint-Tropez, les théâtres où je jouais affichaient complet."

LE VIAGER (Pierre Tchernia, 1972)

Michel Galabru jouait l'hilarant Dr Léon Galipeau, médecin généraliste à la compétence discutable, qui auscultait Louis Martinet (Michel Serrault), célibataire de 59 ans et se persuadait que son patient, usé, n'avait que deux ans tout au plus à vivre. En fait, Galipeau enterrait tous les siens au gré d'une avalanche de gags dignes des grandes comédies italiennes. Encore aujourd'hui, cet humour gentiment méchant fait agréablement mouche.

Sa réplique culte : "Faites-moi confiance !" (Phrase fétiche de son personnage Léon, qui se trompe toujours) 

LE JUGE ET L'ASSASSIN (Bertrand Tavernier, 1976)

Aux antipodes de tout ce que l'on connaissait de lui, Michel Galabru incarnait un meurtrier pédophile dans Le Juge et l'assassin et subjuguait tout le monde. Résultat : un César du meilleur acteur en 1977 et absolument aucun discours de remerciement. La petite légende veut que Galabru n'avait rien préparé puisqu'il était persuadé qu'il ne l'aurait pas. A tel point qu'il s'était pointé à la cérémonie au dernier moment.

Il en disait : "J'étais devenu un tout autre acteur sous la direction de Tavernier. Les critiques me portaient aux nues. Je me souviens de l'article d'un journaliste, Pierre Billard, qui a écrit : "Le génie de Bertrand Tavernier est d'avoir trouvé dans le regard des gendarmes son assassin." Tout a changé pour moi au cinéma." (in Le Parisien

LA CAGE AUX FOLLES (Edouard Molinaro, 1978)

C'est Michel Serrault qui a demandé à ce que Michel Galabru (son partenaire dans de nombreux films, dont Le Viager) interprète le député conservateur, rôle que tenait Marco Perrin sur scène. Pour échapper aux journalistes qui entourent le bâtiment de la boîte de nuit, le député Charrier doit se déguiser en femme. Et quelle femme !

Il en disait : "On me fait lever à quatre heures du matin. On me maquille longuement, avec minutie... On me transforme en pouffiasse royale... En talons hauts... Il était écrit que je devais rouler un patin à Ugo Tognazzi. Quand il m'a vu, il a articulé : "Qué horror ! Je n'embrasserai pas oune telle horror..."

LES SOUS-DOUES (Claude Zidi, 1980)

Michel Galabru incarne un policier chahuté par des élèves cancres, adorant manger des carottes râpées à côté du flipper.

Sa réplique culte : "ça fait quatre ans que vous m'emmerdez, quatre ans que vous ratez votre bac pour m'empêcher de manger tranquillement ! Ce que vous souhaitez c'est que je demande ma mutation en Ardèche ! QUE JE CRAQUE ! Mais je ne craquerai pas ! Je resterai ici et je mangerai ... je mangerai mes carottes comme tous les jours!" 

PAPY FAIT DE LA RESISTANCE (Jean-Marie Poiré, 1983)

Adapté d'une pièce de théâtre écrite par Martin Lamotte et Christian Clavier, le film réunissait les acteurs de la "nouvelle génération" des années 70-80 (dont ceux de la troupe du Splendid mais aussi Jacques Villeret, Roland Giraud, Pauline Lafont ...) et les acteurs de l'"ancienne génération" dont faisaient partie Michel Galabru, Jacqueline Maillan ou encore Jean Carmet. Le résultat? Une comédie culte confrontant résistants et collabos, sous l'Occupation allemande.

Ce qu'il faut savoir : Michel Galabru a remplacé Louis de Funès, mort l'année du tournage en 1983, au dernier moment, pour le rôle de Jean-Robert Bourdelle, alias "Papy". 

L'ETE MEURTRIER (Jean Becker, 1983)

Dans ce drame puissant (le meilleur film de Jean Becker, multi-diffusé à la télévision), Michel Galabru incarnait un père paralytique. Le réalisateur Becker savait que le comédien pouvait être extraordinaire dans un rôle dramatique, notamment après Le Juge et l'assassin de Bertrand Tavernier.

Il en disait : "On avait conscience d'être tombés sur une grande actrice" au sujet d'Isabelle Adjani. 

SUBWAY (Luc Besson, 1985)

Michel Galabru incarne le commissaire Gesberg, flanqué d'un adjoint gaffeur surnommé Batman (Jean-Pierre Bacri). Luc Besson intégrait le vétéran Galabru au casting de son film branché, réussissant toute une génération montante du cinéma français.

Ce qu'il faut savoir : La célèbre réplique "Police, menottes, prison" de Michel Galabru à Jean-Hugues Anglade, lors de l'arrestation de l'homme en roller, est reprise dans le film Polisse de Maiwenn (2011). 

URANUS (Claude Berri, 1990)

La légende veut que sur le tournage d'Uranus (1990), lors de la première prise d'une scène où le personnage de Michel Galabru confesse que sa méchanceté le "fait jouir", Claude Berri était si impressionné qu'il en a oublié, à la fin, de dire: "Coupez!"

Il en a dit : "C'est vraiment une légende. Berri n'a pas refait la prise parce qu'il aurait fallu attendre deux jours pour que je retrouve ce naturel. Moi, je travaille à l'instinct. Si je me mets à réfléchir, c'est foutu." (In L'express

BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS (Dany Boon, 2008)

Michel Galabru revenait sur le devant de la scène grâce à son rôle dans Bienvenue chez les Ch'tis et notamment à sa réplique "C'est le Nord !" dans une parodie hilarante de Marlon Brando dans Le Parrain.

Il en a dit : "J'ai dit à Dany Boon que jouer une journée ne m'intéressait pas. On m'a à nouveau téléphoné. Boon a insisté et a doublé mon cachet. On m'a donné un bon salaire, très intéressant et ils m'ont trouvé cette réplique à la con". 

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