Miles Teller dans "War Dogs" : "J’espère ne jamais faire de film pour payer mes factures"

DirectLCI
INTERVIEW – Adoré des ados pour son rôle de méchant dans "Divergente", adoubé par les cinéphiles grâce à "Whiplash", l’acteur de 29 ans s’improvise trafiquant d’armes avec son meilleur ami, joué par Jonah Hill, dans "War Dogs". Rencontre avec le comédien pour évoquer ce thriller pop, inspiré d’une histoire vraie et signé du réalisateur de "Very Bad Trip".

LCI : War Dogs est drôle mais sombre aussi. Cela vous a surpris de la part de Todd Phillips ? 

MIles Teller : Quand vous connaissez son boulot avant Very bad trip, à l’époque où il faisait des documentaires, vous savez qu’il est capable de noirceur (...) Personnellement, j’avais surtout envie de jouer "le bon gars", le mec calme à l’opposé du personnage manipulateur et haut en couleurs que joue Jonah  : je ne l’avais jamais fait jusque là.


Incarner une personne réelle change-t-il la donne pour un acteur ? 

Votre investissement doit être le même qu’il s’agisse d’une personne réelle ou non. Mais quand vous jouez quelqu’un de très célèbre, il est important de prendre en compte le fait que le spectateur le connaît déjà. Là, en l’occurrence, même s’il existe, personne ne sait qui est David Packouz : je n’avais donc pas besoin de l’imiter, de choper ses attitudes exactes. Il fallait juste que je comprenne dans quelle situation il se trouvait pour être capable de suivre son ami Efraim dans cette aventure dingue. 


Et alors, vous comprenez qu’il s’engage dans le trafic d’armes pour l’argent ? 

Il y a une grosse différence entre David et Efraim. D’ailleurs, dans la vraie vie, David n’est pas allé en prison parce que la majeure partie de ce qu’il a fait n’était pas illégale. Ses intentions étaient par ailleurs louables : il voulait pouvoir subvenir aux besoins de sa fiancée et de son enfant. Et malheureusement, quand il a réalisé que ses actes étaient contraires à sa morale, c’était déjà trop tard. Il n’aurait sans doute pas dû faire confiance à son meilleur ami mais je ne peux pas le blâmer : je suivrais les miens les yeux fermés.

Vous avez rencontré le vrai David ? 

Deux semaines après le début du tournage. Je voulais le mettre à l’aise. Si quelqu’un faisait un film sur ma vie, je serais assez nerveux, je voudrais savoir qui il est. Je voulais que David puisse m’observer, me dire ce qu’il avait envie sur lui... De toute façon, la plupart des temps, nous ne sommes pas les meilleurs juges de ce que nous sommes. 


Comme David, pourriez-vous être aveuglé par l’argent en acceptant par exemple des films pour de mauvaises raisons ? 

Je n’y pense pas exactement en ces termes. Mais vous savez ce que disent les acteurs : un film pour moi, un film pour eux. Cela dit, j’espère que je n’arriverai jamais au stade où je serais prêt à tout accepter pour payer mes factures. Par ailleurs, les grosses productions m’intéressent aussi : elles peuvent aussi raconter une histoire ; ce sont juste les moyens qui changent. Tout me va à partir du moment où je sens bien le personnage. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter