"Mission : Impossible - Rogue nation", la critique : c’est toujours Tom Cruise le patron

CINÉMA

ACTION MAN – Sa carrière a des hauts et des bas. Mais Tom Cruise n’abandonne jamais Ethan Hunt. Dans "Mission : Impossible – Rogue Nation", l’acteur américain enfile pour la cinquième fois son costume d’agent secret seul contre tous. A la clé, du charme, de l’humour et des cascades à couper le souffle… La recette est connue mais tourne ici à plein régime.

Tom Cruise ne sera jamais James Bond. Parce qu’il est Américain, d’abord. Parce qu’il a Ethan Hunt, ensuite. Depuis qu’il s’est approprié la marque Mission : Impossible, la star au sourire ultrabrite, a transformé une série télé d’espionnage un brin désuète en franchise cinématographique à succès. Une franchise à laquelle il revient inlassablement, en dépit - ou à cause - des résultats mitigés des autres films dont il est la vedette entre-temps. Peut-être aussi parce qu’il s’agit de ce qu’il sait faire de mieux ?

Après le premier volet réalisé par Brian De Palma, l’acteur-producteur souhaitait que chaque nouvel opus porte la patte de son réalisateur. Ce fut le cas avec un deuxième épisode parfois grotesque, signé John Woo. Depuis le troisième, conçu avec J.J. Abrams, on sent bien que le patron c’est Mister Tom, et personne d’autre. Et que le personnage d’espion bondissant, sacrifiant sa vie privée à la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, est une sorte de double presque idéalisé du bonhomme.

Un blockbuster taillé sur mesure

Dans Mission : Impossible – Rogue Nation, Ethan Hunt se retrouve une nouvelle fois seul contre tous. L’IMF dissoute par le nouveau patron de la CIA Alan Hunley (Alec Baldwin), l’agent secret embarque dans une croisade personnelle et illégale contre le Syndicat, une mystérieuse organisation qui l’a kidnappé. Et le retient prisonnier dans une chambre de torture dont il échappera grâce à l’aide inespérée de l’ambiguë Ilsa Faust (la Suédoise Rebecca Ferguson, irrésistible).

Déjà scénariste du quatrième volet, Christopher McQuarrie a conçu un blockbuster sur mesure pour sa vedette. Avec du mystère, du charme, de l’humour par l’intermédiaire du geek maladroit Benji Dunn (Simon Pegg), complément parfait d’un Ethan Hunt un poil premier degré. Mais surtout des séquences d’action qui justifient à elles seules l’achat d’un ticket de cinéma.

Tout le monde a déjà vu Tom Cruise s’accrocher à un avion cargo au décollage, une prouesse dévoilée il y a déjà plusieurs semaines sur le net. Figurez-vous – attention spoiler – qu’il s’agit de la séquence d’ouverture. Et que la suite du film recèle des morceaux de bravoure aussi, sinon plus incroyables, d’une bagarre dans les coulisses de l’opéra de Vienne à une course-poursuite à moto sur les routes du Maroc à un plongeon en apnée dans un improbable coffre aquatique.

Mais quel est son secret ?

Dans son siège, le spectateur sourit, trépigne, tremble. Jubile. Sans doute parce qu’on ressent le plaisir de la star et de ses partenaires à concevoir un type de divertissement qui n’a pas (trop) besoin d’effets spéciaux numériques pour convaincre. Bref comme les récentes aventures de 007, on y revient, ce Mission : Impossible - Rogue Nation offre une alternative bienvenue aux films de superhéros. Ce qui explique son démarrage canon outre-Atlantique. Et son triomphe probable dans le reste du monde.

Au fond le seul trucage qui intrigue, en sortant de cette superproduction palpitante, montée sur ressorts, c’est la jeunesse éternelle de son interprète principal. Revoyez le premier volet, sorti en 1996, c’est frappant. A 53 ans tout juste, Tom Cruise paraît plus en forme, plus beau, plus intrépide aussi qu’à l’époque. Un miracle ? Peu importe la formule, elle est magique. Et nous garantit un sixième épisode, déjà annoncé par la Paramount. Ethan Hunt n’a pas fini de courir…

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